jeudi 30 juin 2011

L'esclavage à tout âge

Ici, il semblerait que les enfants en âge d'aller à l'école maternelle sont embrigadés très jeunes par les partis politiques, qui les forcent la nuit à faire du collage d'affiches électorales. La preuve : toutes les affiches sont collées aux murs avec des gommettes.

mardi 28 juin 2011

Propre comme un sou neuf

Le mardi, c'est toujours un jour un peu spécial : c'est le jour du ménage dans l'immeuble en face de chez moi. Chaque semaine c'est le même rituel. Deux papis se ramènent en mobylette, habillés de leur jolie combinaison et commencent à faire le ménage, uniquement dans les parties communes, c'est-à-dire à l'extérieur puisque les escaliers et les couloirs qui desservent les appartements sont à ciel ouvert (ce qui met des feuilles mortes partout, et c'est sale, donc il faut enlever tout ça). Chacun à un rôle bien défini : le premier, qu'on appellera par commodité Kimura-san, débute par le rez-de-chassée et nettoie en vitesse la rambarde extérieure, puis frotte chaque poignée de porte avec beaucoup de précaution et d'amour. Pendant ce temps là, son compère, qu'on appellera Suzuki-san, monte au dernier étage et balaie le sol, puis les plafonds (oui, oui, les plafonds), tout ça avec beaucoup, beaucoup de lenteur.

Au début, je pensais que Kimura-san et Suzuki-san étaient fâchés, car ils commencent leur boulot à l'opposé l'un de l'autre, mais finalement ça doit être pour être plus efficaces et pour ne pas se gêner. Quand ils se croisent enfin au milieu de leur journée de ménage, au troisième étage, ils sont tellement contents qu'ils prennent leur pause-déjeuner et partent manger sur la pelouse devant l'immeuble, un peu comme quand Pif et Hercule se réconcilient.

Ils ne sont pas très productifs, puisqu'il leur faut quand même entre quatre et cinq heures pour nettoyer cinq couloirs, mais jamais un plafond n'a été aussi propre. On pourrait presque manger dessus si les lois de la gravité ne s'en étaient pas mêlé.

lundi 27 juin 2011

Va jouer dans le cimetière, maman te regarde.

Sûrement pour faire face au manque de place, ou alors pour favoriser le mélange des générations, on décide parfois de construire des jeux pour enfants dans les cimetières, à côté des tombes. Riche idée.

samedi 25 juin 2011

Un pour tous, tous pour un

Finalement, ce sera une vraie note plutôt qu'une réponse dans les commentaires à la question d'hier, parce que c'est un peu long à expliquer. La question était "Pourquoi fait-on des économies d'énergie sur l'air conditionné, mais pas sur des trucs un peu futiles dont on pourrait au contraire se passer ?" (comme par exemple les lunettes de WC chauffantes, qui comme le demandait Delfine, fonctionnent toujours. Etre obligé de s'asseoir sur des toilettes trop froides, non merci).

La seule véritable raison, c'est le gambarô 頑張ろう. Le verbe gambaru 頑張る dont est tiré l'expression en question est assez difficile à traduire et recoupe des notions qui tournent globalement autour de "persévérer, insister, faire de son mieux". C'est un verbe employé à tout bout de champ au Japon chaque fois que quelqu'un doit produire un effort quelconque (pour supporter des enfants qui jouent au baseball, pour encourager un lycéen avant son contrôle de chimie, etc.), sous-entendant chaque fois que seul l'acharnement permettra d'atteindre le but recherché. La forme gambarô signifie quant à elle une sorte d'encouragement collectif, du genre "tous ensemble, persévérons", par exemple si un entraîneur veut chauffer son équipe avant un match.
Dans le cas de l'après-tremblement de terre du 11 mars, gambarô est utilisé à toutes les sauces pour encourager les régions sinistrées à retrouver leur splendeur d'antan. On peut faire beaucoup de choses pour participer soi-même à cet effort collectif qui nous ait lancé, comme par exemple aller au rayon "Gambarô Ibaraki !" (がんばろう茨城 !) du supermarché et acheter des légumes du coin. Maintenant il y a aussi un rayon équivalent pour Fukushima, avec que des légumes qui viennent de là-bas et du poisson pêché dans le Pacifique aux larges des côtes de Fukushima.

Vu de l'étranger, ça peut paraître assez étonnant mais les gens achètent ces légumes, et beaucoup n'achètent d'ailleurs que ça pour participer eux aussi à l'effort national. Et comme le gouvernement encourage à le faire, puisque tout le monde sait qu'il n'y a pas de danger de contamination nucléaire, les gens ne veulent pas passer pour des anti-patriotes qui n'aident même pas les pauvres agriculteurs qui en ont bien besoin.
Des campagnes de communication gouvernementales fleurissent sur les panneaux d'affichage et dans les trains (comme sur la photo en haut), indiquant que pour aider les régions sinistrées, il ne faut pas écouter les rumeurs et continuer à acheter des légumes qui viennent de la région du Tohoku, d'y aller en week-end, de ne pas acheter plus d'une bouteille d'eau minérale par personne, de ne pas sombrer dans la morosité en allant plutôt au onsen (bains d'eau chaude), en allant boire avec des amis ou en faisant les soldes, et pour économiser l'électricité, de changer tous ses appareils contre des équipements plus "éco" et d'utiliser des éventails (toujours eux) plutôt que la clim'.

J'en reviens donc à cette question de clim'. Si on interdit l'air conditionné au bureau, c'est tout simplement pour montrer qu'on gambarô nous aussi. Si on débranche juste la photocopieuse, qu'on coupe des lumières ou les ascenseurs, même si on réduit autant la consommation que si on coupait la clim', on n'aura fait que la moitié du boulot. C'est-à-dire qu'on aura participé nous aussi à l'effort demandé, mais il manquera la seconde moitié, peut-être la plus importante : celle qui montre notre acharnement, nos efforts déployés, de préférence dans la douleur. Parce qu'avoir à monter des escaliers et à marcher dans des couloirs plus sombres que d'habitude, ce n'est pas vraiment très difficile. Alors que, par contre, devoir travailler dans des bureaux surchauffés où tout le monde sue à grosses gouttes, d'essayer d'avoir un peu d'air frais avec son éventail et se plaindre de la chaleur toute la journée, ça c'est vraiment l'esprit du gambarô. Il faut montrer qu'on souffre. Ca a un petit côté flagellation et pénitence chrétiennes.
Dans tous les cas, tout le monde dans le pays, chacun à sa manière, gambarô. Même les mascottes des trains qui sont sur le pied de guerre pour emmener les passagers dans les zones sinistrées.

vendredi 24 juin 2011

S'éventer pour survivre

L'université, comme tout le reste du pays (du moins la région du Kantô et du Tôhoku), se met à l'heure des économies d'énergie pour pallier les manques en électricité suite au tremblement de terre du 11 mars. On nous a distribué à tous des éventails en nous interdisant de mettre la clim' (avec contrôle à l'appui pour les petits malins qui voudraient frauder).

Etant donné les habitudes prises auparavant, ces restrictions ne sont pas forcément un mal : lumières allumées 24h/24, clim' à 20° C l'été pour être en pantalon et à l'inverse mettre le chauffage à 27° l'hiver pour venir travailler en short, sans oublier le fait de fermer les volets et d'allumer toutes les lumières en pleine journée pour ne pas bronzer (en plus, le néon c'est tellement plus agréable que la lumière du soleil).
Comme on pouvait s'y attendre de la part de l'administration de la fac, qui regorge d'imagination quand il faut créer de nouveaux règlements et qu'il faut trancher des décisions à l'aveugle, les économies d'énergie sont planifiées un peu n'importe comment. Les choix de ce qu'on peut utiliser ou non sont bien évidemment complètement arbitraires, et mis à part l'air conditionné qui est interdit, on cherche plutôt à réduire la consommation en limitant les usages sans avoir à remettre en cause les habitudes (la remise en cause, c'est la porte d'à côté). 

Concrètement, on a donc supprimé un néon sur trois, mais sans pour autant dire aux gens que c'est mal de laisser la lumière allumée le soir quand on s'en va. On a mis du scotch sur certains interrupteurs, mais sans évoquer l'idée qu'il n'est peut-être pas nécessaire d'allumer la lumière dans des pièces entièrement vitrées. De la même manière, les ascenseurs ne desservent plus les trois derniers étages (ça, c'est ma mesure préférée), et on a éteint une photocopieuse sur deux. Par contre personne n'a pensé à éteindre l'éclairage automatique du jardin intérieur qui se déclenche chaque fois qu'un oiseau passe dans le coin.
Au final, on pourrait réduire efficacement la consommation d'électricité, en l'utilisant uniquement quand c'est nécessaire et un peu plus intelligemment. Il y aurait largement de quoi alimenter l'air conditionné en supprimant quasiment tout le reste. Parce que là, avec la chaleur qui commence à arriver et des baies vitrées qui donnent plein sud (et qu'on ne peut bien sûr pas ouvrir pour la plupart), on n'est plus très productif dans le bureau : mon voisin de bureau n'arrête pas de gémir "j'ai chaud, j'ai chaud", moi je relis plusieurs fois la même page sans rien retenir car mon esprit est obnubilé par des vues enchanteresses de glace à la pistache et de parts de pastèques juteuses qui dansent devant mes yeux, et mon autre voisin, pris dans la torpeur ambiante, s'est endormi hier pendant qu'il scannait un livre.

Petit quizz : Pourquoi ne met-on pas la clim', alors que ce serait possible, par exemple en ne rafraîchissant que certains bureaux dans lesquels on aurait regroupé les gens ? Réponse demain dans les commentaires.

jeudi 23 juin 2011

Retrouvé étouffé par du lierre mutant

Il fait chaud, il fait humide, youpi c'est la saison des pluies. Je commence déjà à souffrir de la chaleur et le taux d'humidité qui rend tout moite et collant n'est pas pour me ravir, mais les plantes du balcon ont l'air de plutôt apprécier. Je peux presque assister en direct à la croissance végétale.
Le lierre qui a poussé à l'intérieur de cette maison abandonnée jusqu'à tout envahir a aussi l'air d'y trouver son compte.

dimanche 19 juin 2011

Du choix à en perdre la raison

Pour ceux qui exigent d'avoir le choix, voici la plus longue rangée de distributeurs de boissons dans la rue qu'il m'a été donné de voir. En fait c'est un peu bidon parce qu'ils proposent quasiment tous la même chose mais ça reste impressionnant.

samedi 18 juin 2011

Les singes jongleurs de fruits

Vous ne savez pas quoi faire ce week-end ? J'ai une occupation pour vous : un spectacle d'ignobles singes qui jonglent avec des fruits. Tout Las Vegas ne parle que de ça en ce moment, même Siegfied and Roy sont jaloux (oh, et puis allez voir leur site, aux deux magiciens/dompteurs de tigres, c'est de la pure beauté graphique et capillaire).

jeudi 16 juin 2011

Dans la peau de Zac Efron

Quand mes amis français étaient encore en vacances au Japon, nous avons décidé de braver la pluie quasi quotidienne pour aller à Kamakura quand on a fini par se lasser des après-midis entiers à jouer aux petits chevaux ou à "La Bonne Paye". Ce qu'on n'avait pas vraiment prévu, c'est qu'on tombait en pleine période de voyages scolaires (en gros, c'est mai et mi-septembre/mi-octobre), période à laquelle les enfants de tout le pays migrent avec leurs professeurs dans les endroits les plus extraordinaires, Kamakura compris. C'était visiblement trop demander de les envoyer en classe de mer ou en camp poney.

Plusieurs milliers d'écoliers lâchés dans les rues, à parcourir les mêmes temples et sanctuaires que nous, de préférence en hurlant "Maaaiiis ! Kévin il a pris ma trousse !", ça n'aurait pu être que seulement un peu gênant. Mais tout a pris un tour dramatique quand on s'est rendu compte, dès les premières minutes où nos pieds ont touché le sol de Kamakura, le sort qui nous attendait.
Les professeurs des écoliers leur avaient donné des sortes de carnets de jeux éducatifs à remplir, avec questions à trous, devinettes, tampons-souvenir à récolter dans chaque temple visité, et bavardages obligatoires avec des étrangers. C'est ce dernier point qui pose problème : les professeurs d'anglais demandent à leur élèves d'accoster des touristes et de leur poser tout un tas de questions en anglais, partant du principe qu'un touriste est forcément américain, à la limite australien. Seulement nous sommes en période post-tremblement de terre/catastrophe nucléaire et les touristes se font rares, pour ne pas dire inexistants. Donc qui est-ce qui s'est retrouvé être la cible de centaines d'écoliers en manque de conversation ? C'est Bibi et ses copains.

Parce que bon, non seulement il faut parler avec eux (ce qui n'est déjà pas évident car ils comprennent déjà à peine ce qu'ils posent comme questions, et généralement pas ce qu'on leur répond), mais après il faut signer leur carnet pour prouver qu'ils ont bien parlé avec un étranger, avec séance photo comme preuve supplémentaire. Sachant qu'en général, il y a deux ou trois gamins qui viennent poser des questions et les quinze autres derrière qui n'osent pas et qui espèrent se faufiler sur la photo eux aussi pour montrer que bien sûr que si, ils y étaient.

Surtout qu'il n'y avait aucun instituteur à côté d'eux pour les surveiller et pour dire au bout d'un moment "Bon, ça va aller, là maintenant". Ce qui fait qu'une fois coincés par un premier groupe de deux ou trois, les autres rappliquaient au fur et à mesure, par grappes entières. Le thème de la journée a donc été "Fuyons les enfants", en prenant tous les chemins parallèles, en se cachant derrière les lampes de pierre et en faisant le regard méchant pour pas qu'ils n'osent s'approcher quand on était repérés. Malheureusement il pleuvait, donc on n'a pas pu utiliser de torches enflammées pour les éloigner (il me semble qu'ils ont peur du feu, comme les loups).
Sur le lot certains étaient quand même un peu mignons (en fait, seulement les derniers rencontrés devant le Bouddha géant, qui étaient comme des petits lapins apeurés, et avaient préparé à l'avance des pliages qu'ils nous ont donné après avoir répondu à leur questionnaire). 

En tout cas, on s'est senti comme des vedettes de cinéma en voyage à Milan, à signer des autographes toute la journée et à soupirer chaque fois que quelqu'un voulait être pris en photo avec nous. Et si je choppe le premier professeur qui a eu cette idée de conversation en anglais en accostant des étrangers, reprise à l'unisson par ses collègues de tout le pays, je lui fais manger ses genoux.

lundi 13 juin 2011

Du chewing gum pour se faire des amis

Rien de tel pour commencer la semaine du bon pied que de regarder la nouvelle campagne de pub pour les chewing-gums Fit's, qui sont un peu la mascotte de ce blog :
Le slogan cette fois-ci, c'est "Faisons nous des amis". Je ne suis pas sûr que cette chorégraphie soit la meilleure idée pour y parvenir.

dimanche 12 juin 2011

Paf, pastèque !

L'autre jour, il a fait tellement chaud que la pastèque que je tenais à la main après l'avoir achetée a explosé en cours de route. Oui, oui, comme je vous le dis, explosé.

samedi 11 juin 2011

Sors les mains de tes poches, ça fait mauvais genre.

Voici une affiche pour une campagne de sensibilisation à la lutte contre les gangs, accrochée devant le commissariat du centre-ville de Tsukuba. Le message illustré est que la société peut être plus forte que les gangsters si on s'y met tous.
Petit quizz : à quoi reconnaît-on les gentils citoyens ?
- ils sourient
- ils se cachent derrière les policiers, tout aussi souriants
- ils plissent les yeux pour montrer qu'ils sont mignons
- ils font leur noeud de cravate comme il faut
- ils lèvent le point pour montrer qu'ils sont volontaires et que ce sont de bons travailleurs.

A quoi reconnaît-on les gangsters ?
- ils font la tronche
- ils lèvent le sourcil de façon pas très franche
- ils n'ont pas de cravate, et leur chemise n'est même pas rentrée dans le pantalon
- ils portent des lunettes de soleil pour cacher leur regard fourbe et fuyant
- ils ne sourient pas
- ils suent à grosses gouttes car ils ont peur de se faire attraper.

Dois-je préciser que cette campagne est destinée aux adultes ?

vendredi 10 juin 2011

Dans le ventre de Bouddha

Voici la suite des aventures de la visite de courtoisie au Bouddha géant d'Ushiku, avec cette fois-ci l'intérieur (un aussi gros Bouddha creux, ce serait dommage de ne rien y mettre dedans).

Arrivé devant la porte d'entrée, il faut bien évidemment retirer ses chaussures, c'est tout de même plus agréable et ridicule d'être en chaussettes. Par contre, pas de chaussons à disposition, mais des petits sacs en plastique pour transporter ses chaussures. Une fois qu'on a retiré ses chaussures, la dame à côté de la porte appuie sur le bouton de la télécommande qu'elle tient dans la main et le mur devant nous s'ouvre, comme pour révéler le passage secret qui mène au laboratoire secret du Docteur No, ou bien à la Batcave (au choix). On entre alors dans un grand sas, plongé dans le noir quand la porte d'entrée se referme. Et là, une grosse voix commence à parler et dit "Vous êtes maintenant à l'intérieur de Bouddha. Il va laver tous vos péchés et vous emmener dans le monde de la Lumière." (en vérité, c'était beaucoup plus long comme petit discours mais ça durait une bonne minute alors je n'ai pas tout retenu). La porte du sas s'ouvre enfin sur l'intérieur, me faisant comprendre la signification de l'expression "Bouddha psychédélique" qu'avaient employée des copains pour parler de ce Bouddha géant.
L'intérieur est placé dans la pénombre, avec des petits Bouddhas phosphorescents (un peu comme les petites Sainte Vierge vendues à Lourdes), des spots qui clignotent et tournoient et des lumières aux couleurs de l'arc en ciel qui s'allument un peu partout. Le tout baigné dans une musique un peu New Age, rappelant vaguement du Jean-Michel Jarre par moment, et un bruit de cascade au loin. Ca donne un peu l'impression d'être à Disney Land et ça tranche surtout pas mal avec l'idée qu'on se fait du bouddhisme : le calme, la sérénité, la retenue, tout ça.

Il y a différents étages, avec ce qui est censé être un musée sur le bouddhisme (mais qui est nul et qui fait surtout penser à une exposition dans un hall de mairie), mais aussi des explications sur la construction du Bouddha géant (sans grande importance). Arrivé au dernier étage, il y a un panorama à 85 m de haut, visible en quatre endroits par les fentes ménagées sur son torse, ses bras et son dos. On doit pouvoir voir jusqu'au Mont Fuji mais il y avait trop de nuages ce jour-là. On a au moins vu Tôkyô et le quartier d'Asakusa, qu'on a pu identifier grâce à la tour Sky Tree.
En redescendant on traverse d'autres étages que ceux de la montée, dont cette salle spectaculaire remplie de petits Bouddhas que les familles peuvent acheter pour qu'ils protègent les membres de la famille. Il y en a beaucoup, ils sont dorés et dans une salle circulaire, ce qui donne vraiment l'impression qu'ils vous encerclent.

Au final, mise à part cette dernière salle, l'intérieur psychédélique du Bouddha est plutôt oubliable, à moins d'avoir envie de se dégourdir les pieds en chaussettes.

jeudi 9 juin 2011

Va te rhabiller, Statue de la Liberté

Dès qu'on parle de Bouddha géant avec les gens (ce qui arrive très souvent), on finit toujours par se mettre d'accord sur le fait que le Bouddha assis de Kamakura (13,35 m) et celui de Nara au Tôdai-ji 東大寺 (15 m) sont vraiment super impressionnants et que rien ne les égale. Mais si on met de côté ces deux Bouddhas archi-connus, qu'est-ce qu'on trouve ?
Réponse : le Bouddha géant d'Ushiku 牛久, qui, lui, est beaucoup plus massif. Déjà, il est debout, ce qui en impose, il mesure pas moins de 100 m, et il est perché sur un socle qui fait 20 m (ça commence à faire beaucoup). Contrairement aux deux autres Bouddhas, il est de construction récente, puisqu'il date de seulement 1993, ce qui explique en partie le désintérêt qu'on lui porte. A son inauguration, c'était le Bouddha le plus haut du monde, avant qu'il ne soit détrôné par un autre en Birmanie, puis encore un autre en Chine. C'est un peu le même principe que les tours qu'on construit à Dubaï, chaque fois plus hautes, jusqu'à ce que le copain d'à côté en construise une encore plus grande (autant pour les tours je ne sais pas, mais pour les statues, je doute que ce soit dans les préceptes de Bouddha de faire preuve d'autant de vanité en cherchant à savoir qui a la plus grosse, mais passons).
C'est assez difficile de se rendre compte de la taille de cette statue, parce que ça fait très grand et qu'il n'y a pas de point de comparaison autour comme le Bouddha est construit en rase campagne. Sur la photo au-dessus on voit des gens qui marchent près du socle, ce qui permet d'avoir une sorte d'échelle de comparaison. On se sent quand même minus quand on est au pied.
On m'avait dit que c'était une statue en béton recouverte de cuivre, mais en fait ce n'est pas ça. Il s'agit d'une structure métallique, recouverte ensuite de plaques de cuivre, un peu comme la Statue de la Liberté. Ce qui fait que l'intérieur est creux, et qu'on peut même rentrer dedans.
Au pied se trouve aussi le plus grand encensoir du Japon (toujours la surenchère), dont on s'approche pour que sa fumée bénie nous apporte le bonheur et donne accessoirement une bonne odeur de brochettes aux vêtements.

Demain, je vous invite à l'intérieur du Bouddha, c'est très coquet chez lui.

mercredi 8 juin 2011

Un gros anti-vol

Mieux que le parking à emplacements pour vélos : le parking à emplacements pour petites camionnettes. Mais ça prend un peu de place sur le trottoir.

mardi 7 juin 2011

Victime de la mode

Des fois, écrire n'importe quoi sur les sacs, ça peut être terrible. Cette dame bien habillée, bien maquillée, bien apprêtée, faisait la fière dans le train avec ses bijoux et son joli sac avec des trucs marqués en français dessus car ça fait plus lady, sans se douter une seconde du sens du mot "laxatif".

vendredi 3 juin 2011

Ne nourrissez pas les gibons

On ne donne pas à manger aux animaux, surtout aux petits singes, parce qu'après ils se goinfrent et ils ont le ventre ballonné comme des petits garçons obèses en manque d'exercice.

jeudi 2 juin 2011

La photo de 7 à 77 ans

Le zoo est l'endroit idéal pour les photographes du dimanche en mal d'inspiration, particulièrement les personnes âgées qui font de la photo leur raison de vivre. Et elles sont nombreuses au Japon, particulièrement les papis adeptes de couchers de soleil, de vues du Mont Fuji, de cerisiers en fleurs, ou de feuilles d'érable rougissantes. Les deux photographes les plus impressionnants et assidus vus ce jour-ci sont sans aucun doute possible ces deux-là, gardant les yeux rivés sur l'enclos des ours. Je suis resté cinq minutes à côté d'eux et je pense qu'ils ont dû prendre une centaine de photo chacun, ce qui est beaucoup, surtout face à un animal qui a décidé de rester immobile. Bonjour le tri à la maison. A moins qu'ils ne se les passent en boucle sous forme de diaporama.
A l'inverse, il y a ceux pour qui la photo n'est pas une question de technique, mais plutôt de ressenti. Dans cette seconde catégorie, cette petite fille gagne haut la main : elle suivait de l'objectif un veau de mer californien avec sa Nintendo DS tout en rigolant et prenait de temps en temps une photo, immanquablement floue, puis s'écriait "Encore raté !". Caramba !

mercredi 1 juin 2011

Ah, te voilà !

J'avais promis que je n'avais pas encore dit mon dernier mot en matière de panda et je me suis tenu à mes engagements : du coup, retour au zoo de Ueno la semaine dernière (un panda, ça se mérite). J'en ai profité pour photographier quelques-uns des innombrables panneaux, pancartes et autres affiches sur le thème du panda qui ont fleuri dans tout le quartier.
Tous ces pandas, ça donne un peu l'impression d'être en Chine, comme si c'était le seul symbole disponible pour à peu près tout. C'est globalement le cas puisque tout à Ueno est sur le thème du panda.
Le souvenir de notre échec cuisant de la dernière fois encore en tête, on a adopté une nouvelle technique cette fois-ci : arriver à midi pile, à l'heure où les écoliers déjeunent pour être à peu près sûrs d'être tranquilles. Cette stratégie a été payante puisqu'il n'y avait pas trop de monde à faire la queue pour l'enclos des pandas. On commence à faire la queue sagement, et là, surprise ! un gardien nous apprend qu'on peut passer dans la file prioritaire comme on n'a pas d'enfants (et que nous ne sommes pas des enfants). On a ainsi pu dépasser tout le monde et arriver directement devant les pandas. Il existe en fait deux files : celles des visiteurs avec enfants et celle de ceux sans enfants. Les adultes sont placés derrière mais comme on est grands, on voit sans problème et sans avoir à attendre.
Par contre, c'était un peu la déception car les pandas avaient décidé de se cacher dans les hautes herbes, laissant seulement apparaître des taches blanches et noires. Ce qui n'a pas empêché tous les visiteurs de les mitrailler avec l'appareil photo qu'ils avaient dans la main, de préférence un téléphone tenu à bout de bras pour être le plus près possible du panda. Sans oublier les papis armés des objectifs les plus gros disponibles sur le marché (ça fait un sacré investissement pour ne photographier que des herbes hautes).

A la réflexion, le spectacle valait finalement presque autant le coup que les pandas eux-mêmes.