vendredi 29 avril 2011

Sauve ta planète

J'ai découvert hier soir l'existence d'Ibaraigâ イバライガー, le super héros du département d'Ibaraki, où j'habite. Encore trop injustement méconnu du grand public, Ibaraigâ combat pour rendre notre planète plus belle et je me dois de le présenter dignement pour que son aura rayonne de par le monde. C'est un héros créé pour sensibiliser les enfants à l'environnement, puisque métaphoriquement, les méchants qu'il combat représentent les dangers de la pollution. Au final, c'est une sorte de Bioman mais sans vaisseau qui se transforme en robot et il existe plusieurs vidéos aux effets spéciaux très amateurs de ses aventures. Il tourne aussi dans des écoles où il fait des spectacles, et parfois il combat les méchants le samedi dans les centre-villes du département. Je vous invite à aller voir son site.

Mais surtout, il fait une apparition dans une vidéo qui ne pourra que vous rappeler la grande époque. Asseyez-vous tranquillement et savourez, c'est cadeau (vous aurez bien évidemment reconnu la fusée dans le fond, symbole de Tsukuba) :

mercredi 27 avril 2011

A la tienne, Etienne

Ca manque de mascotte par ici ces temps-ci. C'est donc avec grand plaisir que je vous présente Kanpai-kun かんぱいくん (Monsieur "A la vôtre !"). C'est la mascotte d'une marque de saké qui doit faire une bonne partie de ses ventes au moment du hanami et des cerisiers en fleurs. Ils ont tout naturellement choisi comme mascotte une fleur de cerisier, avec un faux air de Patrick l'étoile de mer, jamais la dernière pour trinquer avec ses copains. Il en tire même la langue de contentement.

lundi 25 avril 2011

Pour des lendemains qui chantent

Ce week-end, c'étaient les élections des membres des conseils municipaux (ce ne sont pas vraiment des conseillers municipaux, mais c'est du moins ce qui s'en approche le plus). Je ne vous ferai pas un debriefing des résultats, avec le taux d'abstention, les conséquences du tremblement de terre du 11 mars et de la catastrophe nucléaire sur le scrutin, des résumés des programmes électoraux et que sais-je encore, puisqu'il y a déjà plein d'autres sites qui le font. Et qui le font bien. Si l'Ecureuil volant dans l'espace était un site informatif de qualité, ça se saurait. D'ailleurs, si vous faites confiance à un site avec un nom pareil pour trouver des informations électorales, à votre place je me poserais des questions. Plutôt que des pourcentages en chaîne, je vais vous montrer mes affiches préférées de candidats (j'étais à Tôkyô ce week-end et j'ai pris les photos en me baladant, ce qui fait que les candidats sont issus de deux arrondissements différents : Shinagawa et Shibuya).
Dans la catégorie "candidats avec trop de dents", il y a Monsieur Ôkura (voir plus haut) qui est bien placé, talonné par Monsieur Kawanishi qui a en plus l'avantage d'avoir un bel arc-en-ciel derrière lui, et d'être soutenu par deux petits oursons qui portent des noeuds papillon.
 Dans la catégorie "j'aime les animaux et ils me le rendent bien", on trouve Monsieur Nagaoka, qui se présente comme le candidat de ceux qui aiment les chiens, surtout quand ils portent des bandanas.
Mais j'ai aussi un faible pour Monsieur Kimura, ancien lutteur professionnel qui tient entre ses mains un petit chaton blanc, qui symbolise sûrement la douceur dont peut faire preuve Monsieur Kimura malgré sa force surhumaine et sa brutalité intériorisée. C'est beau la communication de comptoir (l'équivalent de la philosophie de comptoir mais pour la communication).
Il y a enfin les "candidats hors-sujets". D'une part Madame Okada, habillée comme une hôtesse de l'air, qui n'a visiblement pas remarqué que sa tenue n'était pas adéquate sachant qu'elle nous montre en bas de son affiche qu'elle fait du vélo. En plus elle nous sort son regard de "Je suis une femme fatale, personne ne me résiste, même pas toi, James Bond" auquel personne ne croit (et sûrement pas James Bond).
Et surtout, il y a Monsieur Hamada, qui est très intriguant. Il a réussi à développer encore davantage le potentiel de kitsch qui réside en chaque affiche. Il ne recule devant rien : une peau photoshoppée ultra-lisse, du doré, le Mont Fuji, des papillons, des fleurs, et même la typographie de son nom qui est en imitation broderie. J'en avais presque mal aux yeux tellement ça piquait.

Par contre, en bas de son affiche il y a un mini-logo avec marqué "NO ! Senkyo kâ !" NO ! 選挙カー ! ("Non aux voitures électorales !"), ce qui me rend ce jeune homme sympathique malgré les efforts qu'il déploie visuellement pour qu'on se moque de lui. Ceux qui n'ont pas la chance d'avoir vécu au Japon en période électorale ne connaissent pas ces petites voitures sur lesquelles sont montées un haut-parleur et qui circulent à longueur de journée dans les rues pour diffuser la bonne parole (à multiplier par le nombre de candidats à se présenter). Sachez que je vous envie.

mardi 19 avril 2011

En rang et en slip

Aujourd'hui j'ai eu droit à la traditionnelle et tant attendue visite médicale annuelle. L'année dernière elle avait eu lieu une semaine avant que je ne commence ce blog et je n'avais pas pensé à prendre mon appareil-photo, ce qui fait que je n'avais pas pu partager ce moment unique. Mais cette année je n'ai pas fait la même erreur. Je n'ai pas pu prendre beaucoup de photos parce que tout le monde était en slip la moitié du temps et que je ne suis pas sûr qu'on m'aurait laissé prendre mes petites photos l'air de rien, mais je vous laisse faire marcher votre imagination fertile et débridée.

Le principe est assez simple : les 17 000 étudiants de l'université tous niveaux et matières confondus doivent passer leur visite médicale sur une période de seulement 9 jours (c'est peu). Sachant que, chaque jour, la plage horaire pour s'y rendre n'est que d'une heure et demi (ce qui est là aussi assez peu). Autant dire que c'est du travail à la chaîne et qu'il n'y a pas de temps mort. L'année dernière, il y avait une sorte de parcours fléché qu'il fallait suivre, avec une fiche individuelle remplie par chaque médecin ou infirmier à chaque étape. Ca fonctionnait un peu comme des ateliers, qu'on suivait tous les uns à la suite des autres. En raison des dégâts causés par le tremblement de terre du 11 mars, l'infirmerie/hôpital n'était pas disponible cette année, alors il a fallu faire avec les moyens du bord, dans un grand bâtiment administratif, mais sans pouvoir organiser un parcours par étapes comme d'habitude, ce qui a donné lieu à ce que j'appellerai le "parcours-santé des Pokémons".

C'est un peu comme une grande chasse au trésor qui aurait lieu dans le bâtiment, avec tout le monde en slip. Le fonctionnement est le suivant. On entre dans le bâtiment, on nous met tout d'abord en rang, et la progression est rythmée par des infirmières qui nous disent quand faire un pas sur la droite, quand une file d'attente doit avancer, etc. C'est très militaire. 
Ensuite on accède au comptoir d'enregistrement où on donne son nom, son numéro d'étudiant et où on nous remet en échange la fiche magique des tampons. On ne peut pas gagner le jeu tant qu'on n'a pas réuni tous les tampons. Après, la chasse au trésor commence et il faut trouver les pièces où sont cachés les médecins. Pour nous aider, des infirmiers sont placés de temps en temps à des endroits précis et crient "Contrôle ophtalmologique ! contrôle ophtalmologique !", ou bien "Pression sanguine ! pression sanguine !", un peu comme s'ils étaient sur le marché à vendre des champignons ou de belles oranges de Valence. Dès qu'on trouve un stand qu'on n'a pas encore visité, on fait la queue, on se met en slip en général, on passe l'épreuve, puis en échange on récolte un coup de tampon sur la fiche mentionnée plus haut, à l'endroit adéquat, exactement comme quand on chasse les Pokémons.

Pour arriver jusqu'au bout, il me fallait traverser victorieux : l'atelier poids, l'atelier taille, la pression sanguine, le contrôle des yeux, la radio des poumons, l'entretien avec le médecin pour savoir si je n'avais pas mal à la tête, si je faisais du sport et si je mangeais équilibré, l'atelier stéthoscope "respirez fort, inspirez, retenez votre respiration" et le contrôle d'urine. J'ai évité le contrôle auditif et l'électrocardiogramme car ce n'est à faire qu'une fois tous les deux ans.
De temps en temps certains ateliers étaient un peu planqués, mais pour nous aider, les organisateurs avaient accroché des plans compliqués à déchiffrer, avec des flèches, des schémas d'escaliers, etc. C'était encore mieux que de jouer à chercher un trésor dans la forêt (le stand "radio des poumons" m'a particulièrement donné du fil à retordre avant que je ne réussisse à tomber dessus). Il faut évidemment imaginer qu'il y a environ 1000 étudiants en même temps dans le bâtiment à tourner en rond, à comparer leurs feuilles quand ils croisent des copains ("Oh t'as trouvé le contrôle des yeux ? C'est le seul qu'il me manque, ça fait un quart d'heure que je le cherche"), des nuées d'infirmières qui s'affairent dans tous les sens à brasser du vent, autant de médecins concentrés comme s'ils étaient sur le point de découvrir le vaccin contre l'allergie au pollen de cerisier, et tout ça en sous-vêtements (ce qui est limite humiliant).
Au bout d'une heure j'avais tous mes tampons Pokémons et j'ai pu repartir le coeur léger, content d'avoir pu participer à une chasse au trésor grandeur nature de si bon matin. Le principe du contôle d'urine était rigolo aussi. En France, on est généralement dans une petite pièce à pisser dans un gobelet, mais là c'était à faire le matin même, chez soi, avec un matériel très élaboré : dans une enveloppe se trouvait un récipient carré en origami dans lequel il fallait  faire pipi puis dans lequel est puisé le précieux liquide jaune à l'aide d'une petite bouteille à capuchon rouge. Bouteille qui ressemble d'ailleurs étrangement à celles qui servent à conserver la sauce de soja quand on achète des sushis en France. Méfiez-vous, il se pourrait qu'ils recyclent les petites bouteilles déjà utilisées avant de les envoyer en France pour une seconde vie.

dimanche 17 avril 2011

Back in town

Après un voyage long et pénible, composé dans l'ordre de trajets en voiture, en TGV, en métro, en RER, en avion, en bus, et encore dans un autre bus, j'ai fini par arriver dans mon ancien chez moi à Tsukuba. A la réflexion, le voyage aurait pu être encore plus pénible si je n'avais pas été providentiellement secouru par une hôtesse de l'air : dans l'avion, alors que je m'assois à ma place près du hublot, arrive un couple de jeunes mariés japonais les bras remplis de sacs Disneyland Paris, probablement de retour de leur voyage de noces. Ils empestaient le bonheur conjugal et le myosotis à 100 mètres à la ronde. A peine assis, la fille dit à son mari, des étoiles plein les yeux, "Mon chéri, cette semaine à Paris a été la plus belle de ma vie", ce à quoi il lui répond du tac au tac "A partir d'aujourd'hui, chaque jour passé ensemble sera comme une semaine à Paris". On n'avait pas encore décollé que j'avais déjà envie de vomir. Heureusement, l'hôtesse de l'air, sentant probablement les ondes de détresse que j'envoyais, est venue me voir pour me dire qu'il y avait une autre place libre devant, toujours près d'un hublot, mais avec plus de place pour mettre mes jambes. Et sans aucun couple de jeune mariés.

Malgré ces épreuves, j'ai quand même réussi à parvenir entier à Tsukuba, où rien ne semble avoir changé après ces quatre semaines d'absence. Mises à part quelques fissures sur la route ou sur certains immeubles, tout a repris son cours comme avant. Ca paraît même un peu trop normal. Tout le monde fait comme si les secousses ne se poursuivaient pas tous les jours (j'ai rapidement eu le droit à ce que j'ai appelé mon tremblement de terre de bienvenue [okaeri jishin おかえり地震]), tout comme on ignore la fameuse centrale de Fukushima qui n'est qu'à 150 km d'ici. Je suis d'ailleurs étonné de voir aussi peu de gens sortir avec des masques alors que pourtant toutes les occasions sont bonnes pour les Japonais pour porter un masque (les potentiels microbes, la poussière, la fièvre, le pollen, l'asthme, etc.).
Le principal, c'est que j'ai réussi à remplir les missions qui m'étaient confiées pour les premières 24h : le déménagement est fait, toutes mes affaires sont entreposées dans des cartons ou des sacs chez des copains jusqu'à ce que je trouve un nouvel appartement, et j'ai rempli les papiers pour mon nouveau contrat. J'ai fait le gros du programme et il me reste encore toutes les broutilles administratives, qui cumulées vont sûrement me prendre beaucoup plus de temps.

J'ai aussi pris le temps de passer à mon bureau hier, où tout a été plus ou moins remis en place pendant mon absence. J'ai pu remarquer que les armoires derrière mon siège ont été scellées avec des petits morceaux de scotch, soi-disant pour me protéger de la chute de livres en cas de tremblements de terre. Autant dire qu'à la moindre secousse, je ne donne pas cher de la peau de ces morceaux de scotch de 3 cm de long. A la limite, ils auraient mieux fait de mettre des gommettes : ça aurait été tout aussi inefficace mais au moins il y aurait eu des couleurs (et les couleurs c'est important pour le feng shui).

mercredi 13 avril 2011

Nouvelles règles du jeu

Il y a de ça quelques semaines, un peu avant le tremblement de terre du 11 mars et toutes ses conséquences, je pensais arrêter le blog de l'Ecureuil volant car je trouvais que j'en avais un peu fait le tour, en racontant un peu toujours les mêmes trucs, et qu'il me prenait au final pas mal de temps. J'avais décidé de me mettre au vert, mais à force de discussions et de tractations avec les copains (souvent de mauvaise foi) à me dire que "Oh mais si, comme ça on a des nouvelles et c'est rigolo", j'ai décidé de continuer encore cette année. Par contre, les règles vont un peu changer. Comme j'ai déjà pris un mois de retard sur mon boulot en passant un mois de vacances forcées en France et que j'ai aussi un nouveau projet secret de conquête du monde, j'aurai forcément moins de temps à consacrer au blog.

Ce qui signifie qu'à partir de maintenant, les messages ne seront plus quotidiens, mais bi-hebdomadaires (j'entends par là deux fois par semaine, et non une fois toutes les deux semaines) et que je répondrai beaucoup moins aux commentaires, mais ce qui ne m'empêchera pas de les lire. Vous ne perdrez pas au change car en contre-partie j'essaierai de faire des messages plus longs, pour ne plus vous faire le coup de la photo postée vite fait, seulement accompagnée d'une ligne ou deux quand je n'ai pas l'inspiration. Et rassurez-vous, vous ne serez pas déboussolés car le contenu sera toujours aussi nul et les photos toujours aussi mauvaises.
Sur ce, je vais faire ma valise car je repars demain pour le Japon. Apparemment c'est encore un peu la fête à Tsukuba niveau séismes et je pense à lancer un concours de hoola hoop pendant les tremblements de terre (ça ajoute de la difficulté). Et n'hésitez pas à caresser les chiens, ils vous le rendront en cas de coup dur.

mardi 5 avril 2011

Le lundi au soleil

Pour profiter un peu des copaings, du soleil et des quelques jours de vacances forcées qu'il me reste, rien de tel qu'un lundi passé du côté de Cancale pour voir la mer, aussi turquoise que l'eau d'Okinawa (du moins dans l'image que j'en ai, mais je compte bien un jour vérifier de mes propres yeux, et de mes doigts de pied aussi). Elle est à la même couleur, mais je doute qu'elle soit à la même température : dix minutes les pieds dans l'eau à Cancale et vous pourrez dire adieu à vos orteils qui tomberont d'eux-mêmes.
En arrivant sur la plage, on est tombé sur un groupe de vingt ou trente personnes disposés en cercle, armés de bâtons de ski, en train de faire de l'aérobic. Il a suffi qu'on s'approche un peu pour s'apercevoir qu'il s'agissait en fait d'un groupe de marcheurs norvégiens (je ne fais pas référence à la nationalité de ces marcheurs, mais plutôt au fait qu'ils sont adeptes de marche norvégienne, ce sport où on marche rapidement en s'aidant de bâtons de ski ; c'est un peu comme du ski de fond imaginaire). Afin d'éviter le groupe de quinquagénaires, on s'est dépêché d'emprunter le chemin qui longe le littoral pour être tranquille et avoir le paysage pour nous tous seuls.
Présomptueux que nous étions. A peine avaient-ils fini de s'échauffer qu'ils sont partis à l'assaut du chemin côtier, avalant les kilomètres comme d'autres les tartelettes à la framboise. On s'est vite fait rattraper et il a bien fallu leur laisser le passage pour ne pas se faire tabasser à coups de bâtons en fer (le marcheur norvégien est parfois brutal et agressif quand on l'approche dans son milieu naturel car il protège sa portée).
En tout cas on a bien rigolé, on a fait des mots fléchés sur la plage et j'ai découvert que les concepteurs de mots fléchés étaient bien contents d'utiliser la géographie japonaise pour combler leurs grilles (Ise, Aso, Ôtsu, et j'en passe et des meilleurs).
Sur le chemin du retour, on s'est arrêté chez une amie pour prendre l'apéro, et elle avait des oeufs d'émeus dans son entrée, dans un seau. Je ne vous dirai pas pourquoi elle avait ça chez elle, je vous laisse imaginer ce que vous voulez. Je n'en avais jamais vu (mais je ne dois pas être le seul) et ce sont de gros oeufs, environ trois fois plus gros qu'un oeuf de poule, peut-être plus, d'une couleur un peu bleu-vert. Une sorte de bleu canard. C'est très joli, surtout comparativement à la bestiole qui en sort.

Et sur cette note pleine d'oviparité, sachez que je rentre au Japon le 14 avril en fin de journée, avec un marathon administratif prévu le 15 (pour payer toutes les factures reçues, renouveler ma bourse d'études, faire mon état des lieux de l'appartement), associé à un déménagement dans l'intervalle courant entre le 14 et le 15. J'aime les défis, j'aime triompher et j'aime regarder fièrement l'horizon les cheveux au vent.