Ce week-end, c'étaient les élections des membres des conseils municipaux (ce ne sont pas vraiment des conseillers municipaux, mais c'est du moins ce qui s'en approche le plus). Je ne vous ferai pas un debriefing des résultats, avec le taux d'abstention, les conséquences du tremblement de terre du 11 mars et de la catastrophe nucléaire sur le scrutin, des résumés des programmes électoraux et que sais-je encore, puisqu'il y a déjà plein d'autres sites qui le font. Et qui le font bien. Si l'Ecureuil volant dans l'espace était un site informatif de qualité, ça se saurait. D'ailleurs, si vous faites confiance à un site avec un nom pareil pour trouver des informations électorales, à votre place je me poserais des questions. Plutôt que des pourcentages en chaîne, je vais vous montrer mes affiches préférées de candidats (j'étais à Tôkyô ce week-end et j'ai pris les photos en me baladant, ce qui fait que les candidats sont issus de deux arrondissements différents : Shinagawa et Shibuya).

Dans la catégorie "candidats avec trop de dents", il y a Monsieur Ôkura (voir plus haut) qui est bien placé, talonné par Monsieur Kawanishi qui a en plus l'avantage d'avoir un bel arc-en-ciel derrière lui, et d'être soutenu par deux petits oursons qui portent des noeuds papillon.
Dans la catégorie "j'aime les animaux et ils me le rendent bien", on trouve Monsieur Nagaoka, qui se présente comme le candidat de ceux qui aiment les chiens, surtout quand ils portent des bandanas.
Mais j'ai aussi un faible pour Monsieur Kimura, ancien lutteur professionnel qui tient entre ses mains un petit chaton blanc, qui symbolise sûrement la douceur dont peut faire preuve Monsieur Kimura malgré sa force surhumaine et sa brutalité intériorisée. C'est beau la communication de comptoir (l'équivalent de la philosophie de comptoir mais pour la communication).
Il y a enfin les "candidats hors-sujets". D'une part Madame Okada, habillée comme une hôtesse de l'air, qui n'a visiblement pas remarqué que sa tenue n'était pas adéquate sachant qu'elle nous montre en bas de son affiche qu'elle fait du vélo. En plus elle nous sort son regard de "Je suis une femme fatale, personne ne me résiste, même pas toi, James Bond" auquel personne ne croit (et sûrement pas James Bond).
Et surtout, il y a Monsieur Hamada, qui est très intriguant. Il a réussi à développer encore davantage le potentiel de kitsch qui réside en chaque affiche. Il ne recule devant rien : une peau photoshoppée ultra-lisse, du doré, le Mont Fuji, des papillons, des fleurs, et même la typographie de son nom qui est en imitation broderie. J'en avais presque mal aux yeux tellement ça piquait.
Par contre, en bas de son affiche il y a un mini-logo avec marqué "NO ! Senkyo kâ !" NO ! 選挙カー ! ("Non aux voitures électorales !"), ce qui me rend ce jeune homme sympathique malgré les efforts qu'il déploie visuellement pour qu'on se moque de lui. Ceux qui n'ont pas la chance d'avoir vécu au Japon en période électorale ne connaissent pas ces petites voitures sur lesquelles sont montées un haut-parleur et qui circulent à longueur de journée dans les rues pour diffuser la bonne parole (à multiplier par le nombre de candidats à se présenter). Sachez que je vous envie.