mardi 30 novembre 2010

Fais pas ça !

Le zoo est bourré de panneaux d'interdiction en tout genre : "Ne pas donner à manger aux animaux", "Ne pas taper contre les vitres", "Ne pas faire de bruit", etc. Il y a aussi pas mal de panneaux informatifs : "Attention où vous mettez les pieds", "Pièce climatisée, couvrez-vous", "Pièce dans la pénombre, laissez le temps à vos yeux de s'habituer".

Parmi tous ceux-là, j'ai préféré celui-ci : "Ne pas grimper". Sachez donc que si vous avez prévu de passer par-dessus la barrière, de sauter le fossé sans élan, puis d'escalader la rambarde escarpée en faux rochers pour retomber ensuite dans l'enclos des lions, c'est interdit. Ca manque de barbelés et de clôtures électriques pour être vraiment perceptible comme message.

lundi 29 novembre 2010

La tête dans les fleurs

Samedi dernier, c'était la seconde partie du mariage : la fête avec les copains. Les mariés avaient demandé à chaque invité de venir avec une fleur. Moi, j'avais acheté des oeillets (quelques uns, parce qu'un seul ça faisait vraiment pas beaucoup). Le principe était le suivant : chaque invité en arrivant devait planter une fleur dans les bacs prévus à cet effet, pour que ça fasse à la fin un petit bosquet fleuri, idéal pour se prendre en photo devant (on touche au comble du bucolique champêtre). Et à la fin, chacun repartait avec une ou plusieurs fleurs de son choix pour décorer sa maison.
Au début, j'étais dans la partie "staff" de l'organisation, justement à m'occuper des fleurs (la mariée croyait peut-être que c'était héréditaire, cet amour des fleurs). Comme la plupart des gens ont comme moi apporté un bouquet, je devais, en plus de les inviter à mettre leurs fleurs dans les bacs, défaire les bouquets, couper les papiers, les élastiques, le papier aluminium, etc.
Le reste de la fête était très bien (parce que je suis resté à m'occuper de mon bosquet aux mille senteurs pendant une bonne heure et demi) et j'ai bien évidemment fini bourré comme un Terre-neuve .

[Note pour Elan noir : Ils ont passé les vidéos faites par Wataru et j'ai trouvé ta vidéo très champêtre aussi, dans le jardin sous le feuillage. J'ai bien noté ta veste verte pour te confondre dans le paysage mais ça ne prend pas avec moi. Espèce de phasme ! Shiori était très contente en tout cas.]

dimanche 28 novembre 2010

Black Dynamite

Ca vient de sortir : le burakku meron pan ブラックメロンパン , une sorte de petit pain au goût de chocolat. D'aspect, ça ressemble à un morceau de gâteau carbonisé après 30 minutes passées dans le four à plein régime, et je n'en ai pas acheté donc je ne sais pas quel goût ça a. Tout ce que je sais, c'est que l'emballage est transparent sur l'endroit et laisse voir le petit pain noir en question, qui remplace alors la coupe afro du type sur le paquet. Et ça c'est super funky.

samedi 27 novembre 2010

La forêt vierge à deux pas du métro

L'avantage du Japon, c'est qu'il fait tellement chaud et humide l'été que tout pousse sans trop de problèmes. Que ce soit l'herbe, les pissenlits, les palmiers, les bambous, les fougères, les lianes, les mousses et autres plantes grimpantes.
Du coup, la végétation du zoo d'Ueno, surtout dans les parties tropicale et africaine, sème parfois le doute : est-on toujours au zoo à Tôkyô ou dans Jurassic Park ? J'ai cherché attentivement mais malgré tous mes efforts je n'ai pourtant vu aucun raptor.

vendredi 26 novembre 2010

Cette fois-ci sans chaussons

J'avais oublié de le préciser, mais comme le mariage avait lieu au temple dans des pièces à tatamis, il fallait bien évidemment enlever ses chaussures. Donc tout le monde a passé l'après-midi en chaussettes, ce qui relativise tout de suite le chic et l'élégance des tenues des invités. En plus la cérémonie avait lieu dans la pièce principale du temple, celle qui est à demi ouverte sur l'extérieur. Je vous déconseille fortement de passer une heure en chaussettes dans une pièce traversée par le vent à la fin novembre.

jeudi 25 novembre 2010

En méga bonus : le parc d'attraction

Retour au zoo d'Ueno. Celui-ci est divisé en deux parties bien distinctes, avec une rue qui les sépare. Pour rejoindre la seconde partie on peut bien sûr y aller à pied en empruntant une passerelle qui enjambe la rue, mais on peut aussi, et c'est beaucoup plus drôle, prendre le monorail (un petit train suspendu). Ca donne l'impression d'être dans un grand 8, ou alors d'être au ski et de rejoindre les pistes. Peut-être plutôt le ski parce que ça ne va pas très vite.
A l'intérieur, tout est à l'échelle pour les enfants, donc il vaut mieux ne pas être ni trop grand, ni obèse, sinon c'est difficile d'y rentrer. J'avais déjà les genoux encastrés dans le siège devant moi (sur la photo on devine la hauteur des sièges, qui m'arrivaient à peu près à mi-mollet, ce qui est très bas).

mercredi 24 novembre 2010

Communion avec la nature

Le mariage avait lieu au temple Tôkeiji 東慶寺, juste à côté de la gare de Kita-Kamakura 北鎌倉. C'était super joli : un temple coincé entre deux falaises, de grands arbres, des Bouddhas un peu partout, de vieilles tombes recouvertes de mousse. Je retournerai y faire un tour à l'occasion.
Et en plus Shiori 詩織 et Tatsuya 達也, les mariés, étaient beaux comme des chamois. Même en tenues traditionnelles, ce qui n'est pas donné à tout le monde.

mardi 23 novembre 2010

Chapeau melon et bottes de cuir

Aujourd'hui, c'était le jour du mariage. Je n'ai pas vraiment l'habitude des mariages (en France, j'entends) et encore moins au Japon. J'avais déjà fait un mariage shintoïste il y a quelques années, mais là j'étais invité à un mariage bouddhiste. C'est plutôt rare, voire très rare. D'ailleurs personne n'avait jamais assisté à un mariage bouddhiste parmi les autres invités (en ce moment, la grande mode est aux mariages à l'église, dans des chapelles un peu minables comme à Las Vegas, mais sans le prêtre qui fait aussi sosie d'Elvis passé 21h. Sinon on fait dans le traditionnel, avec des mariages shintoïstes célébrés au sanctuaire). 

En l'occurrence c'était une petite cérémonie avec juste la famille proche, et je savais que tout le monde allait être en kimono, à la limite en costume. J'avais demandé à l'avance comment m'habiller et on m'avait dit "Oh, seulement un peu plus élégant que d'habitude, c'est tout". Ce qui n'est pas forcément très difficile puisque je ne suis pas vraiment quelqu'un qu'on pourrait qualifier d'élégant. J'avais fait des tests avant le jour J et je ressemblais pas mal à un étudiant d'une école privée anglaise qui revient de son cours de grec ancien. Ce qui faisait tout à fait l'affaire.

Comme le mariage avait lieu à Kamakura 鎌倉, que c'est loin de chez moi et qu'il fallait que j'y sois à 10h, je devais me lever à 6h30. Etant donné que je n'ai pas réussi à m'endormir, j'ai commencé à dormir à 5h. Petite nuit, donc. En plus de ma tenue d'étudiant d'Oxford, j'allais avoir des petits yeux de taupe morte toute la journée.
Juste avant de prendre mon train pour mon long périple, j'ai fait tomber mon sac par terre en mettant l'antivol de mon vélo près de la gare. Il est tombé dans une grande flaque de boue. Elégant, vous disiez ?

lundi 22 novembre 2010

Panda or not panda ?

Après plusieurs tentatives infructueuses, j'ai enfin réussi à visiter le zoo d'Ueno. Ce n'était pas vraiment prévu ce jour là, car j'étais plutôt venu à Tôkyô pour faire des recherches dans une bibliothèque, qui s'est avérée être exceptionnellement fermée. Pour ne pas être venu pour rien, j'ai décidé d'aller voir une expo sur le Tôdaiji 東大寺 au musée national de Tôkyô (Tôkyô kokuritsu hakubutsukan 東京国立博物館) mais il y avait tellement de monde que je suis rentré dans la première salle et je suis reparti. Me retrouvant sans rien à faire et étant à deux pas du zoo, j'ai pensé que c'était un signe du destin.
Comme zoo, il est plutôt pas mal, du point de vue de la diversité animalière. Et il est agréable. Parmi les animaux sympas, on trouve des hippopotames pygmées, des lapins sauteurs géants, une corneille albinos, des suricates, des petites biches naines qui vivent la nuit (qui ressemblent un peu à des dik-diks), des pingouins, un tamanoir, des kangourous géants, des loutres, des ours polaires (la partie sur le pôle Nord avec les ours polaires et les phoques est en rénovation mais rouvre au printemps) et des pandas roux.
Depuis les années 1970, l'animal phare du zoo c'est le panda géant, puisque peu de zoos dans le monde en ont. Mais celui d'Ueno est mort en 2008 (d'où la pancarte sur le distributeur de billets à l'entrée). Les Chinois ont promis de leur en refournir deux, mais ce n'est pas encore fait. Il va falloir faire vite parce que tout dans le zoo est à l'effigie du panda géant (statue à l'entrée, peluches, peintures murales, etc.). Le panda roux doit être super jaloux. A sa place, je le serai un peu en tout cas.
Promis, je ne mettrai pas de photos d'animaux (c'est un peu chiant à regarder), mais je parsèmerai les notes des prochains jours d'anecdotes sur le zoo.

dimanche 21 novembre 2010

La grande évasion

En arrivant à l'école primaire, pendant la mini réunion d'accueil, j'ai reçu tout un tas de documents très utiles, comme le programme de l'après-midi, un plan pour parvenir jusqu'à l'école qui peut toujours servir quand on y est déjà, la liste des instituteurs dans l'ordre alphabétique, etc. On m'a aussi donné un plan de l'école, avec le détail des bâtiments. Mais vraiment dans le détail : on peut voir toutes les pièces, les emplacements des toilettes, et même les placards sont indiqués. Je le mets de côté pour un futur cambriolage, si je convoite un jour leurs émeraudes, leurs rubis et leurs crayons pastels. Au moins je saurai où creuser mon tunnel.

Les bâtiments sont plutôt récents (je dirais la fin des années 1990) mais l'impression que l'ensemble dégage est assez étrange. Tous les bâtiments sont organisés autour de couloirs en extérieur comme des petits baraquements, tout est de plain-pied (il y a seulement un petit étage avec le bureau du directeur de l'école qui domine tout son territoire) et surtout, rien n'a été peint. Donc d'extérieur ce ne sont que des cubes de béton brut. Mon frère travaille dans un vieil hôpital psychiatrique construit dans les années 1970 et c'est un peu le même principe. On peut penser à une prison aussi. J'ai cherché mais je n'ai pas vu de chiens pour garder les enfants, on avait dû les ranger pour la journée afin de ne pas effrayer les invités.
Comme le directeur de l'école doit avoir beaucoup d'humour, certaines pièces ont des noms bien particuliers qui tranchent avec l'atmosphère stalinienne de l'établissement : la nakoyoshi rûmu なかよしルーム (la salle où on est amis avec les autres), la nikoniko rûmu ニコニコルーム (la salle du sourire), et ma préférée, la ukiuki rûmu うきうきルーム (la salle de la joie dans les coeurs). Décidément, on sait rigoler par ici. L'espace d'un instant j'ai presque cru être en Corée du nord.

samedi 20 novembre 2010

De l'origami plus que tu ne peux en espérer

En plus de toutes les chansons et les danses, les enfants avaient aussi préparé des cadeaux. En entendant ça, je m'attendais déjà à des grues en origami, mais aussi à toutes sortes de choses inutiles, fait-main, et un peu ratées, telles qu'on peut se l'imaginer de la part de CM2. Pour les grues, j'avais vu juste. Sauf que je pensais à une dizaine et qu'on m'en a donné à peu près 500. Plutôt que de les présenter en vrac, ils les ont rassemblées pour faire une sorte de décoration murale (ça s'appelle senbazuru 千羽鶴 [les mille grues] et on donne ça normalement aux gens malades pour qu'ils guérissent plus vite, mais je suppose que ça partait d'une bonne intention). J'ai aussi reçu un rouleau calligraphié par l'une des gamines.
Quand je suis rentrée chez moi, je l'ai déroulé pour voir la calligraphie, qui a une jolie signification (il est écrit Ginga ryûsei 銀河流星 : les étoiles filantes de la Voie Lactée). Et surtout elle est plutôt réussie : la petite fille se débrouille mieux que la plupart des adultes. Finalement je m'en tire pas trop mal, c'est mieux qu'un presse-papier en pâte à sel.

vendredi 19 novembre 2010

Liste des réjouissances

Pendant que les enfants étaient assis à même le parquet à attendre bien en rang, nous, on assistait au spectacle bien installés sur nos sièges, entourés de bouquets de fleurs. Ca donnait un peu l'impression d'avoir envoyé des lutins distraire la famille royale. Les enfants devaient avoir peur qu'on les jette en pâture à notre meute de panthères des neiges parce que ça ne rigolait pas. Ils nous avaient sorti le grand jeu. On a eu le droit à (dans le désordre) :

- cinq chansons accompagnées d'un gamin qui jouait du piano et un autre du violon
- un concert de flûtes à bec
- Aux Champs-Elysées de Joe Dassin, mais dans sa version japonaise
- une chanson en chinois intitulée 茉莉花 (le jasmin)
- We Are the World de Michael Jackson
- des tambours japonais
- une danse russe où tout le monde a dansé (ce qui m'inclut dans ce "tout le monde")
- une démonstration de bilboquets et d'échasses (voir photo, les échasses se préparent dans le fond), le tout accompagné d'un choeur de 30 gamins
- des danses en tout genre.

Ca fait pas mal de choses et ça a dû prendre un temps pas possible à  préparer tout ça et je pense que les enfants étaient dessus depuis le mois de septembre le temps d'apprendre tout ça. Bien sûr, les danses étaient en rythme et ressemblaient exactement à celles des spots de pub (tous en rang à faire des gestes absurdes de manière synchronisée. Mais là, au lieu d'avoir 3 ou 5 personnes, c'étaient 80 gamins), avec des sortes de castagnettes dans les mains pour faire du bruit en même temps. Si on fait danser les gamins comme ça dès l'école primaire, il ne faut pas s'étonner ensuite des pubs débiles où les gens dansent pour vendre des chewing-gums ou des salles de bain. Au final, ça explique beaucoup de choses.

[J'ai une vidéo mais je n'arrive pas à la mettre en ligne. Tant pis, seuls les élus qui passeront chez moi auront le droit de la voir.]

jeudi 18 novembre 2010

Comment perdre très vite toute crédibilité ?

En arrivant à l'école primaire, histoire de nous mettre en position d'infériorité et de nous donner un air un peu plus stupide (sous le faux prétexte de prendre soin des invités), on nous a demandé de mettre un gros badge avec notre nom, heureusement sans dessin dégradant, comme un gros lapin par exemple.
Et pour parfaire le tableau, il a bien évidemment fallu retirer nos chaussures comme le font tous les gamins et les profs, pour enfiler des chaussons. C'est fou comme le simple fait de se balader en chaussons fait perdre toute assurance et confiance en soi. On se sent minable en chaussons. Je n'aime pas qu'on m'oblige à porter des chaussons.

mercredi 17 novembre 2010

Le retour du héros

Ouf, j'ai rempli avec succès ma mission auprès des CM2. Je ne me suis pas fait mordre, ils n'ont pas essayé de manger mon cerveau et ils ont même été sages. C'était un peu long mais heureusement, c'était aussi foufou que je l'avais à peu près imaginé. Grâce à cette journée, j'ai de quoi poster pendant cinq jours.

Finalement, nous étions quatre à faire une petite intervention : une Chinoise, une Russe, une Américaine et moi (mais la Russe et l'Américaine trichaient un peu car elles sont assistantes d'anglais dans les écoles primaires de la ville alors non seulement elles ont l'habitude des enfants, mais surtout elles avaient leur petit exposé déjà tout prêt d'avance). Au début on était dans une salle de réunion et il a fallu attendre que deux enfants viennent nous chercher pour nous emmener jusqu'au gymnase. Ils se sont présentés en faisant une petite révérence et en mettant quasiment un genou à terre et nous ont dit "Suivez nous, chers invités, nous allons vous montrer le chemin". On aurait presque dit qu'on nous envoyait des lutins du pays magique. Arrivés au gymnase, on a eu le droit à une entrée digne des meilleurs acrobates de cirque, avec un gamin au micro qui nous présentait chacun notre tour et dès qu'il avait dit notre nom, on devait faire notre entrée et saluer les gamins pendant que le petit présentateur continuait de parler. Après, un autre gamin lisait la traduction en anglais, puis un autre en chinois. Ils se sont bien décarcassés. Devant les sièges, un autre lutin nous faisait une révérence en nous priant de nous asseoir avec toute la politesse réservée pour un hôte de marque. Je garde encore la surprise sur le programme de l'après-midi, pour passer directement aux exposés des "invités".
Comme on nous l'avait demandé, on a tous fait un exposé sur la musique de nos pays et plus précisément les instruments de musique (sur la photo, le pupitre réservé aux intervenants qui rendait la chose très officielle alors qu'on parlait à des CM2). J'ai donc épaté les enfants avec mon intervention sur l'accordéon (merci Hélène), la bombarde et le biniou. Et j'ai fini avec la Fête de la musique. Tout cela accompagné de jolies photos projetées en grandes dimensions sur le mur derrière, dont deux avec Yvette Horner jeune, rayonnante, virevoltante et flamboyante, sans oublier les fêtes bretonnes en costume.

Maintenant que j'ai montré des photos d'Yvette Horner à un public de 80 CM2 japonais sur un écran géant, je crois que ma mission sur cette Terre est remplie. Tout ce que je ferai à partir de maintenant ne sera que du bonus.

mardi 16 novembre 2010

Le harcèlement à peu de frais

Cette histoire d'école primaire commence à prendre des proportions incroyables. Comme souvent avec les Japonais, ils en font des caisses et depuis une semaine je reçois à peu près trois mails par jour à propos de cette journée avec les enfants. Soit ça vient de l'un des instituteurs, soit de la personne dans l'école qui se charge du programme, soit de la personne à l'université qui s'occupe des relations extérieures, soit d'une quatrième personne dont j'ai du mal à cerner le rôle. Hier, ils m'ont tous, chacun de leur côté, envoyé le nouveau planning de la journée (qui est finalement le même qu'avant) et à chaque fois il faut leur confirmer avoir bien reçu le message. Il y en a même un qui me l'a envoyé deux fois et comme je n'ai pas répondu une deuxième fois que j'avais bien reçu son mail, il m'a envoyé un nouveau message une heure plus tard pour me dire qu'il s'inquiétait de ma non-réponse.

Je reçois aussi des sortes de fiches conseil, un peu comme si j'allais devoir nourrir des loups (ne les regardez pas dans les yeux, mettez la paume de la main bien à plat quand vous leur donner un sucre, etc.). Ce matin, j'ai donc reçu un mail qui ne contenait que la phrase suivante : "Si vous ne savez pas quoi dire et que vous réfléchissez, souriez, ça rassure les enfants". Il y a sûrement un code caché, je cherche encore. Heureusement, tout ça s'arrête demain et ma boîte mail retrouvera un semblant de calme.

lundi 15 novembre 2010

Des cadeaux, encore des cadeaux

Je crois que je vais pouvoir faire la liste des cadeaux que je reçois, du moins tous ceux qui sont alimentaires. Cette semaine, on m'a donné des oeufs, avec autant de précaution et de soin que si on me confiait un sac rempli d'émeraudes. Et comme les gens sont gentils, j'ai aussi reçu un paquet de "Tarako", pour avoir peut-être la chance d'avoir des hallucinations de pots de sauce à face de bébés marchant au pas. Autant être honnête, ça a un goût un peu bizarre et ça ne se marie pas vraiment avec les pâtes, à moins d'être un grand fan d'oeufs de poisson et d'en saupoudrer un peu partout. Par contre ça doit être hallucinogène si on en met plus, la prochaine fois je forcerai la dose.

dimanche 14 novembre 2010

Et on se dandine en chantant

Je ne sais pas trop ce qu'ils ont voulu représenter avec ces crevettes, ces onigiri et ces champignons qui chantent et qui dansent, mais tout le monde a l'air heureux. Et c'est bien le principal.

samedi 13 novembre 2010

Le téléphone pleure

Voici une jolie pancarte expliquant qu'avant de faire des travaux à la pelleteuse, il faut appeler NTT (France Télécom, mais en version japonaise) à cause des fils enterrés sous la rue. Heureusement pour eux, je fais peu de travaux de chantier en ce moment depuis que mon mini-tractopelle est chez le garagiste.
Regardez le pauvre petit téléphone qui pleure à chaudes larmes parce qu'il ne peut plus appeler sa maman ou ses copains avant d'aller jouer au baseball. Je ne connais rien de plus triste qu'un téléphone qui pleure, à part peut-être le regard implorant d'une loutre malade (mais pour d'autres raisons).

vendredi 12 novembre 2010

Deux pour le prix d'un

Une pub qui a peu d'intérêt en soi, puisqu'elle n'est pas très drôle. On y voit juste une fille et un phoque boire de la glace en mini-gourde et se prendre pour des rouleaux de printemps. Mais si vous êtes perspicaces et attentifs, vous aurez remarqué que la fille n'est autre que la greluche qui danse pour vendre des chewing-gums et qui lave le cerveau des gens avec sa chanson répétitive. Quant au phoque, c'est bien sûr Paro, le phoque bionique qui distrait les personnes âgées dans les maisons de retraite. Aujourd'hui, c'est deux stars du blog que vous avez pour le prix d'une.

jeudi 11 novembre 2010

La créature de la jungle

J'étais tranquillement en train de m'occuper de mes plantes sur le balcon, quand, en relevant la tête, je l'ai vue : la créature de la jungle. En fait, une énorme mante religieuse. Je n'en avais pas vu depuis petit, et elles n'étaient pas bien grandes, alors que celle-là était gigantesque. N'écoutant que mon courage, j'ai placé un bouchon de bouteille en plastique pour servir de référent à côté, et ainsi saisir l'échelle de la bestiole. Elle devait bien faire 12 cm de long. J'avais des scènes de Godzilla dans la tête, mais heureusement je ne me suis pas fait attaquer. C'était peut-être l'un des descendants de Kamakirasu カマキラス, la mante religieuse mutante qui fait une apparition dans les films de Godzilla (en 1967, 1969 et 2004 me souffle Wikipédia). Pour ceux qui l'ignorent et qui veulent enrichir leur vocabulaire d'insectes en japonais, la mante religieuse se dit kamakiri カマキリ. Vous remarquerez la ressemblance avec le nom du monstre dans le film Godzilla qui n'est évidemment pas fortuite (on savait se creuser la tête à la Tôhô 東宝, à l'époque).

mercredi 10 novembre 2010

De la chantilly plus que tu ne pourras jamais en manger

Pour Noël, nous, on a la bûche. Les Japonais ont le Kurisumasu kêki クリスマスケーキ(dérivé de l'anglais "Christmas cake") : un ignoble gâteau surmonté d'une montagne de chantilly indigeste, avec moult fraises, copeaux de chocolat et caramel. D'après wikipédia, la forme actuelle du gâteau de Noël japonais date de 1922. Les pâtissiers rivalisent d'imagination pour que ça ait l'air le plus immangeable possible (je crois qu'ils font un concours).
Je trouverais sûrement mieux comme exemple plus tard, mais là c'est la première pub que je vois pour les gâteaux de Noël alors je n'ai pas voulu rater ça (et puis c'est souvent bien kitch alors que là, la présentation est une peu radine sur les étoiles et manque de décorations diverses, comme des petits anges et des branches de houx argenté). C'est extrêmement populaire comme gâteau et quasiment tout le monde en achète un pour le 25 décembre. C'est assez étrange d'ailleurs comme les Japonais ne fêtent pas vraiment Noël, mais c'est certainement une occasion de plus pour manger un gâteau et s'offrir de la nourriture (les deux passe-temps préférés des Japonais).

mardi 9 novembre 2010

La porte de l'âge de pierre

Sur cette porte, il est inscrit "A ouvrir avec la main" (sous-entendu "la porte"). Forcément, on se dit "mais avec quoi d'autre peut-on ouvrir une porte si ce n'est pas avec la main ?" Ce que l'autocollant veut en fait dire, c'est que la porte n'est pas automatisée. C'est suffisamment rare au Japon dans les espaces publics pour être signalé par un avertissement.
Ca m'est déjà arrivé plusieurs fois de voir ce genre de scène : un Japonais qui attend devant une porte qui s'obstine à rester fermée, passant la main devant soi dans l'espoir de déclencher un hypothétique capteur qui n'existe pas. Alors que la porte a une poignée. Mais à partir du moment où une porte est vitrée, ici, elle est censée être automatique. Ca fait la même chose dans les toilettes publiques : les lavabos sont presque toujours automatiques et quand ce n'est pas le cas, les gens passent les mains sous le robinet plusieurs fois en espérant déclencher le jet d'eau mais sans penser à tourner le robinet.

Note : Je viens de recevoir mon ordre de mission pour l'école primaire et je suis finalement parachuté chez les CM2. Et pour faire les choses en beauté, comme en ce moment ils apprennent les instruments de musique, je dois leur faire une espèce de mini-conférence sur les instruments de musique français (ce qui est bien évidemment ma spécialité, avec l'évolution de l'alimentation carnée en Haute-Loire au XIIème siècle. J'espère seulement qu'ils apprécieront le biniou et la bombarde). En plus c'est dans le gymnase, devant tous les CM2 d'un coup, comme ça pas de jaloux. C'est vraiment injuste : je me retrouve à faire ce truc alors que ceux qui sont avec les CP doivent seulement participer à un grand tournoi de pierre-papier-ciseaux et les CE1 font un cache-cache géant dans la cour de l'école.

lundi 8 novembre 2010

Vélo-chat à la rescousse

Je n'en avais encore jamais vu un comme ça : un vélo de livraison pour les camions-chats. Disons, que c'est plutôt un vélo-chat. En plus des camions, j'avais déjà vu des scooters et des mini-camionnettes, mais ils ont dû décliner toute la gamme : le bateau, le jet-ski, le deltaplane, etc. Je vais finir par commencer une collection et faire des vidéos que je mettrai sur le net comme les geeks des trains. J'aimerais tellement au fond de mon coeur qu'ils aient aussi construit un sous-marin.

Bonus : cette pub pour Yamato Kuroneko et son service de déménageurs (décidément, le ridicule n'atteint personne dans ce pays) :

dimanche 7 novembre 2010

La tour en alu

La ville de Mito a un symbole architectural ringard qui va avec l'image tout aussi ringarde de la ville : la "Art Tower Mito" (Âto tawâ Mito アート・タワー水戸). C'est un peu comme la Colonne sans fin de Brancusi, mais en plus moche, et en aluminium. A Mito on aime bien l'aluminium (et les fils électriques aussi).

samedi 6 novembre 2010

Retour vers le futur

Après quasiment une heure d'attente à la gare avant que mon train arrive, j'ai fini par prendre mon train pour Mito. Une heure d'attente dans une gare au Japon, c'est long. Une heure d'attente en France c'est tout aussi long, mais au moins il y a des bancs pour s'asseoir.
Ensuite, le bureau de l'immigration c'était très rigolo : il y avait trois fonctionnaires de l'immigration habillés en costume bleu marine à boutons dorés, comme les marins dans les films. Le type qui s'est occupé de moi avait même sa casquette, ce qui lui donnait un petit air de Capitaine Iglo. Contrairement au bureau de Tôkyô soi-disant bondé, j'étais tout seul, donc ça a été assez rapide. Le collage du sticker a été à peine ralenti par le détour au combini du coin pour aller acheter un timbre fiscal.
J'aurais dû prendre une photo de l'entrée du combini. D'habitude il y a de grandes pancartes : "Ici on vend du tabac et de l'alcool", mais ici c'était "Ici on vend du tabac, de l'alcool et des timbres fiscaux" (je crois qu'ils ont l'habitude). Du coup ça m'a à peine pris 15 minutes, 20 en comptant le trajet de la gare au bureau de l'immigration. J'en ai donc profité pour me balader un peu en ville histoire de rentabiliser mon trajet (en comptant le vélo, le train et les attentes en gare, ça m'a quand même pris 6h aller-retour, cette petite histoire d'autocollant).
Se promener à Mito, c'est comme voyager dans le temps. La ville fleure bon les années 80. C'est un peu comme si l'urbaniste qui avait refait la ville avait dit à la fin de son boulot, disons en 1983, "Bon, les gars, c'est parfait, on a bien bossé. On touche plus à rien pendant 40 ans". Tout est un peu vieillot, et les gens se mettent au diapason. On imagine souvent les Japonais à la pointe de la mode, super branchés comme à Tôkyô, mais à Mito on est resté bloqué sur la mode de 1987. Je n'ai jamais croisé autant de pantalons léopard ou zèbre, de veste girafe (sur la photo), de joggings violets ou de survêtements vert lézard, et même des vestes à épaulettes (si si, pour de vrai).

vendredi 5 novembre 2010

Toujours plus au nord

Finalement, je n'ai pas croisé de biches, ni à l'aller, ni au retour. Pourtant, ça aurait pu être possible puisque je suis passé à côté de forêts où la chasse est interdite.

Mon grand périple avait pour but de récupérer une autorisation de quitter le territoire sans perdre mon visa, puisque si je sors du Japon même pour des mini-vacances, les autorités considèrent que je n'en veux plus (de mon visa). Forcément, cette formalité, qui consiste au final en un autocollant apposé dans le passeport, n'est pas faisable à Tsukuba, puisque tous les fonctionnaires ne doivent pas être habilités à coller des stickers, donc il faut aller loin pour ça : soit au bureau de l'immigration à Tôkyô, soit à celui de Mito 水戸, la préfecture du département d'Ibaraki où j'habite. On m'avait présenté le bureau de Tôkyô en me disant "Il y a du monde, donc il vaut mieux y aller très tôt le matin, quitte à y patienter plusieurs heures", ce qui me faisait moyennement rêver. J'ai penché pour Mito, même si aller là-bas, c'est comme aller au bout du monde.
Il y a bien un bus qui fait Tsukuba-Mito, mais j'aime moyennement le bus et je dois toujours rester concentré pour ne pas vomir sur mes chaussures, ce qui est gênant. L'autre solution consiste à aller à Tsuchiura 土浦 en vélo, puis d'y prendre le train pour Mito, à un peu plus d'une heure de train. La gare de Tsuchiura est à 10 km à vol d'oiseau de chez moi, mais plutôt 15 ou 16 km par la route. Heureusement, la rinrin rôdo, la piste cyclable du bonheur, y mène. Enfin, pour ça, il faut déjà y arriver, puisque comme je l'avais déjà dit, elle passe loin de la ville, et qu'il faut suivre la route pour la croiser. Il y a bien le bas-côté goudronné prévu pour les vélos, mais c'est du tout-terrain car personne n'a pensé à arracher les mauvaises herbes (à un moment, il faut même slalomer entre les citrouilles qui ont poussé sur la partie pour les vélos). Mais après, c'est tout droit jusqu'à la gare.

Grâce à cette mission, j'ai donc pu découvrir la partie de la piste cyclable qui va vers l'est, avec de jolis champs de lotus vers la fin. Mais le côté à l'ouest est beaucoup mieux, surtout qu'on y trouve le bateau-dauphin.

jeudi 4 novembre 2010

La la la

Demain, c'est promenade en vélo très très loin dans la campagne pour aller demander mon autorisation de quitter le territoire. Pour l'occasion, je mets cette petite photo de biches. Je doute de croiser une famille de chevreuils sur ma route, mais sait-on jamais, ça va peut-être les attirer.

mercredi 3 novembre 2010

Les tubes de sauce hypnotiques

Je manque vraiment à tous mes devoirs. Je suis au Japon depuis déjà plus de sept mois et je n'ai toujours pas parlé de la marque Tarako たらこ. Je vais réparer cette erreur immédiatement. Le produit n'a pas vraiment d'importance, il vous suffit de savoir qu'il s'agit de sauces toutes prêtes pour les pâtes. Ce sont plutôt leurs publicités qui sont... troublantes. Et un peu inquiétantes aussi.

Je crois que ça se passe de commentaires, donc je vous donne les spots de pub "bruts" :

Comme si ça ne suffisait pas, ils choisissent des enfants repoussants qu'ils coiffent avec une coupe au bol. Mais le pire de tous leurs spots, c'est clairement celui-ci, puisqu'il faut aussi subir l'agression auditive du gamin qui chante beaucoup trop aigu :

Si la chanson hypnotique vous plaît, voici, disons... le clip, avec deux enfants qui chantent. C'est un peu bizarre et les paroles sont effrayantes, mais ça vaut le détour. Après, qu'on aille pas dire que les publicitaires ne se droguent pas, je n'y crois pas un instant.

mardi 2 novembre 2010

Le traquenard

J'ai reçu un coup de téléphone du "bureau international" de l'université me demandant de passer les voir. J'y retrouve un Takeshi radieux (ou quel que soit son nom) qui me dit "Ah ! Ecureuil volant, ça me fait plaisir de te voir !", sachant qu'on ne s'est à ma connaissance jamais rencontré et qu'on a pourtant pas gardé les ratons laveurs ensemble. Je flaire le piège mais déjà je ne peux plus fuir, il a refermé la porte.

"- Tu ne le sais peut-être pas, mais on a une sorte de partenariat avec la mairie et on intervient à diverses occasions. [S'ensuit une longue liste d'exemples de partenariats avec les services de la ville] Et ce qui m'amène à t'annoncer, avec grand plaisir, que tu fais partie des volontaires pour aller rendre visite à des élèves d'école primaire.
- Pardon ? Vous avez bien dit "volontaire" ?
- Oui, enfin... c'est-à-dire qu'au début on cherchait des volontaires, mais on n'en avait pas assez, alors on a choisi les derniers de la liste katakanique (l'équivalent de la liste alphabétique mais pour les katakana, ce qui fait de moi l'un des derniers) qui parlaient japonais. Et tu remplis ces deux critères.
- Pardon ? Vous avez dit "école primaire" (je suis encore sous le choc à ce stade de la conversation).
- Oui, mais c'est une petite visite de rien du tout, une sorte de petit coucou comme ça, en passant.
- Concrètement, c'est un coucou qui doit durer combien de temps ?
- Hum himimihi. (bafouillement incompréhensible)
- Combien ?
- 3 heures.
- 3 heures ! Vous y allez fort, quand même. Et je suis censé faire quoi pendant 3 heures avec eux ?
- Le principe c'est de présenter son pays, les coutumes, tout ça. Un peu ce que tu veux. Et puis à la fin y a un atelier manuel, sûrement des dessins ou de la peinture."

Chic chic chic, c'est dans quinze jours. Je reçois la semaine prochaine mon ordre de mission pour savoir dans quelle classe (du CP à la sixième) on me parachute. Ce qui me laisse suffisamment de temps pour m'entraîner à faire des écureuils en pliage pour les épater (on épate facilement un CP). Je sens d'ailleurs que je vais repartir de là avec des grues en origami plein les poches.

lundi 1 novembre 2010

Trop d'amour et de coeurs à paillettes

Bon, je veux bien qu'on soit mignon, mais il y a quand même des limites à ne pas dépasser. En mangeant le dernier gâteau de la boîte, j'ai trouvé un fond mauve et le message "Avec ces biscuits, faire d'aujourd'hui une bonne journée". Tout ça avec deux coeurs. Là, ça va un poil trop loin.