mercredi 30 juin 2010

Photoshop pour les pauvres


Dans deux semaines, on élit les sénateurs. Je dis "on", mais je ne suis pas vraiment concerné puisque je ne vote pas au Japon. Vu le peu de gens à parler des élections, j'ai l'impression que je ne suis pas le seul à ne pas me sentir concerné. Sur la photo du haut, vous pouvez voir un panneau d'affichage public avec les candidats de la préfecture d'Ibaraki, où j'habite. Le candidat qui a attiré mon attention est celui qui est collé sur l'emplacement n° 6.
Déjà, il appartient à un parti qui ne passe pas inaperçu, j'ai nommé le Kôfukujitsugentô 幸福実現党 (Parti pour la matérialisation du bonheur), qui se trouve être en réalité la branche politique d'une secte religieuse dirigée par un type qui croit être le réceptacle des esprits d'Allah, de Jésus, de Bouddha et de Confucius (ça fait du monde dans un seul petit Japonais). Et ce dieu suprême qu'il pense être s'appellerait "El Cantare" (ce qui sonne plus mexicain que japonais). Bien évidemment, son parti politique propose toute une série de décrets pour changer le monde et n'a jamais obtenu un seul siège nulle part dans sa récente vie de parti politique (deux ans je crois pour l'instant).
Mais ce qui m'intéresse dans cette affiche, c'est la photo choisie, où plutôt celle qui a été imprimée à partir de l'image d'origine.
On a ajouté à ce cher candidat des cheveux, pour qu'il ait l'air plus jeune et attrayant. Mais surtout, on lui a ajouté ces cheveux à coups de feutre noir. Au début je croyais que quelqu'un lui avait mis des cheveux comme on peut faire une moustache ou des dents cariées avec un marqueur, mais en m'approchant je me suis aperçu que c'était déjà sur l'image à l'impression. Ce se voit comme le nez au milieu de la figure, encore plus sur une affiche aux grandes dimensions.
A l'heure de la retouche informatique et de Photoshop, ils ont préféré faire comme au bon vieux temps, à coups de crayons, mais ce n'est pas très réussi. En plus il a les cheveux qui brillent comme s'il avait abusé de la gomina. Un sénateur aux cheveux gras, ça ne fait pas très sérieux.

mardi 29 juin 2010

La rue est mon jardin


Il est une habitude assez répandue et très agréable au Japon qui est de mettre des plantes dans la rue devant chez soi. Les gens qui font ça sont généralement ceux qui n'ont pas de jardin et qui se servent du trottoir pour faire comme si, ou bien ceux qui aiment tellement les plantes que même s'ils ont un jardin ils mettent aussi un peu de verdure devant chez eux. Ce qui est assez amusant c'est qu'il y a rarement de grosses jardinières (qu'on pourrait préférer pour empêcher le vol par exemple, puisque ce serait trop lourd à transporter) mais au contraire une multiplication de petits pots un peu partout avec toutes sortes de plantes à l'intérieur. Ca donne l'impression de se promener sur un grand balcon.

Une fois j'ai vu la version aquarium de ce genre de trottoir : un type qui avait installé plein d'aquariums devant chez lui, éclairés la nuit pour que les passants puissent voir les poissons.

dimanche 27 juin 2010

La tour du futur

Le monument futuriste et inutile du jour est la Tour de Tsukuba, aussi appelée  Sennukitô 栓抜き塔 (la "tour décapsuleur") à cause de sa forme d'ouvre-bouteilles. Elle assez laide, plantée comme ça au milieu d'un parc, et comme toutes les tours, son intérêt est assez limité : grimper en haut et voir les alentours comme jamais vous ne les verrez.
Déjà, il m'en faut un peu plus pour me donner envie de monter les centaines de marche (même si j'imagine qu'il y a un ascenseur), car "la plus belle vue des environs", ça m'emballe moyen. Mais le fait que ce soit à Tsukuba, ville a-touristique par excellence, me laisse un peu perplexe. Car avoir une vue panoramique de Tsukuba c'est assez étrange comme idée.

"Oh les gars, j'ai une super idée : on va construire une tour en béton, super haute, au beau milieu du parc. Et les gens pourront aller en haut et ils auront une vue panoramique sur le campus de l'université et sur les logements de fonction du personnel de la fac. Et même que par beau temps et vue dégagée, ils pourront voir les hangars de la zone industrielle."

Effectivement, pareil projet, ça fait rêver. Pourquoi ne pas faire la même chose à Nanterre ou dans les zones commerciales en bordure de ville ? Un nouveau concept à creuser, cette vue panoramique là où il n'y a rien à voir.

La déchéance dans le train

Rien de tel pour se détendre que d'observer les gentils travailleurs japonais rentrer chez eux en train le soir. Après une longue et harassante journée, ils sont nombreux à s'endormir sans aucune difficulté dans le train ou le métro, souvent dans des positions avachies et/ou humiliantes.
Celui de la photo lisait son journal, et j'ai vu progressivement sa tête devenir lourde et tomber lentement. Puis le journal a glissé de ses doigts et s'est étalé sur le sol, mais ses bras étaient toujours tendus devant lui comme s'il lisait (le faisant curieusement ressembler à un zombie ou une momie). Jusqu'à ce qu'ils tombent eux aussi et qu'il finisse par se réveiller 20 minutes plus tard en ramassant confusément son journal et qu'il se remette à le lire l'air de rien.

samedi 26 juin 2010

Aidez-nous à retrouver Coco


J'ai vu cette affichette désespérée scotchée sur un poteau : quelqu'un a perdu sa perruche et aimerait bien qu'on l'aide à la retrouver.
Sur l'annonce, on voit bien la perruche bleue et blanche (un gros plan de l'animal et une photo dans sa cage) et on dispose de plusieurs informations : il (vu son nom, c'est un mâle) s'appelle Fukumaru 福丸 (ce qui n'est pas très joli comme nom, on dirait plutôt le nom d'un bateau), a trois ans, il ne parle pas et est plutôt timide. Si vous le croisez, n'essayez donc pas d'entamer la conversation, il ne vous répondra pas. De toutes façons, je ne suis pas persuadé que les perruches soient vraiment douées pour la parole. Une recherche internet me prouvera sûrement le contraire en me proposant moultes vidéos de perruches en train de parler mais je résiste à la tentation de regarder.

L'annonce précise également de ne pas hésiter à prévenir la police, sûrement si on ne se sent pas les reins assez solides pour mener cette affaire jusqu'au bout. Je me vois bien arriver au commissariat :
" - Monsieur l'agent, j'ai d'excellentes nouvelles : j'ai retrouvé la trace de Fukumaru, la perruche qui s'était égarée.
- Ouf, vous nous voyez soulagés. Nous n'avions plus aucune piste."
Quoique au Japon, tout est possible, surtout avec les policiers, donc une enquête sur les perruches disparues est aussi envisageable que n'importe quoi d'autre.

L'annonce était très localisée (je n'ai pas croisé d'autres affichettes alors que je les ai cherchées en espérant trouver d'autres portraits de Fukumaru) et je pense qu'il vaut mieux ne pas être trop optimiste : retrouver une perruche égarée, qui dois-je le rappeler est capable de s'envoler, dans Tôkyô ne doit pas être chose aisée. Et puis après tout ce n'est pas le prix que ça coûte, une perruche.

jeudi 24 juin 2010

Plus fort que le Roquefort


Les Japonais se sont inspirés du curry indien pour faire leur propre curry, généralement servi avec des légumes (pommes de terre, carottes et oignons), de la viande (porc ou boeuf) et du riz. Ca n'a plus grand chose à voir avec le curry indien (au niveau du goût) et c'est surtout beaucoup moins fort et épicé, en tout cas par rapport à ce que j'ai pu goûter dans des restaurants indiens ou sri lankais. Chaque marque qui commercialise des préparations d'épices pour le curry le fait sous trois catégories :
- doux (souvent en ajoutant du miel ou des pommes pour que ce soit plus sucré)
- moyennement épicé
- fort

Chacun peut donc choisir son curry en fonction de sa tolérance aux épices. Mais comment faire quand on est habitué à un curry mais qu'on est obligé de changer de marque ? Par exemple, si on déménage et que le supermarché du coin ne vend pas la marque à laquelle on est habitué. On risque forcément de se retrouver avec un curry dosé différemment puisque chaque marque à sa recette, ce qui peut poser des problèmes aux lourdes conséquences (langue qui pique, infections des gencives, coupures sur les lèvres sur lesquelles on verse de la sauce épicée qui réveille la douleur, etc.)
Heureusement, l'industrie agroalimentaire a pensé à nous, pauvres consommateurs. Les principaux fabricants se sont mis d'accord pour créer une table de conversion, imprimée sur le côté des paquets, qui répertorie les currys selon leur degré d'épices. Cela va de 1 (très doux) à 5 (très épicé). Il existe aussi une version au-dessus, hors catégorie, qui s'appelle "5+" (ou "Super 5", je ne suis plus très sûr) pour les currys vraiment très très épicés. Ce qui doit à peine correspondre à un curry moyennent épicé en Inde.

En regardant sur la page Wikipédia en français consacrée au curry japonais, je découvre que les forces d'autodéfense japonaises servent du curry à leurs militaires tous les vendredis. En faisant une recherche pour en savoir plus, je tombe sur la page Wikipédia consacré à ce curry des armées, plus précisément le "curry de la marine" (Kaigun karê 海軍カレー), effectivement servi dans l'armée le vendredi aux soldats. Apparemment chaque base ou caserne à sa propre recette, et le site des forces d'autodéfense propose même ces recettes pour les tester chez soi et manger "comme à la caserne". Je vous invite à aller faire un tour sur le site rien que pour voir son design. Si on ne sait pas lire le japonais et qu'on tombe sur ce site, je pense qu'il est assez difficile de deviner qu'il a été fait par la marine japonaise. On penserait plutôt à une colonie de vacances, ou à un fabricant de manèges pour parc d'attractions.

mercredi 23 juin 2010

Trimballe ta grenouille

Voilà enfin la dernière pièce qui manquait à ma collection d'emballages de gâteaux à transporter avec soi. Et comme on garde toujours le meilleur pour la fin, il s'agit de la grenouille. Ce n'est pas un animal fétiche comme peut l'être l'écureuil, mais je lui dois quand même le respect puisque c'est l'emblème de ma famille (c'est beaucoup plus chic que le lion, le dragon ou l'hermine).

Une mission qui touche enfin à sa fin ! Je n'aurai plus à arpenter épiceries et supermarchés à la recherche des précieux emballages.

mardi 22 juin 2010

Des lots à gogo


Voici une partie des lots qu'il est possible de remporter lors du concours de paper toys.
Le premier remportera le tenugi avec les poissons rouges et le cahier de coloriage/labyrinthe.
Le deuxième et le troisième gagneront chacun un jeu de cartes explicatives sur la vie des animaux.
A cela s'ajoute (non photographiés), un paquet de bonbons ou de gâteaux du genre de ceux déjà présentés sur ce blog et un porte-clefs. Le grand vainqueur aura le droit de choisir ses bonbons et son porte-clefs préféré parmi ceux proposés. Le deuxième choisira ensuite, et le troisième aura ce qui reste.

Je vous rappelle que vous avez jusqu'au lundi 5 juillet pour envoyer votre photo de candidature. Que le papier soit avec vous.

Mardi, c'est ménage !


Aujourd'hui, on est mardi. Et il se passe quoi le mardi ? C'est le jour du ménage, bien sûr ! C'est marqué sur le post-it collé sur le calendrier du bureau, et personne ne peut y échapper. Aspirateur, nettoyage à l'éponge des taches de café sur les tables, balayage de la terrasse et frottage de vitres au programme.
A la fin, quelqu'un du bureau, chacun à tour de rôle, est responsable du contrôle du travail effectué et valide le boulot par une petite croix dans le cadre prévu à cet effet. Aujourd'hui, c'est moi qui ait cette responsabilité. Je suis déjà fébrile rien qu'à m'imaginer, le crayon rouge à la main, traçant mon petit signe sur le calendrier. Il faut que je profite de ce pouvoir qui va m'être conféré car mon prochain tour de vérification du ménage ne revient pas avant début août.

Les plus attentifs et concentrés d'entre vous auront remarqué que celui qui devait contrôler le ménage de la semaine dernière n'a pas fait sa petite croix dans le cadre. Je vais donc avoir le droit de faire DEUX croix au lieu d'une (aujourd'hui est un grand jour).
Bon, il va falloir que j'aille me promener un peu en quête de trucs rigolos à prendre en photo, parce que là depuis quelques jours c'est de plus en plus nul ce que j'écris.

lundi 21 juin 2010

Vivons heureux, vivons groupés

Aujourd'hui, nous allons découvrir ensemble un délicieux et curieux champignon qui s'appelle enoki 榎. On doit sûrement en trouver dans la nature bien que ça ne me soit jamais arrivé, mais ce qui est certain c'est qu'il se cultive très bien dans les fermes à champignons (c'est assez étrange comme expression, ça fait penser à des champignons qui gambadent dans les prés. Ca ferait une bonne pub japonaise, ça).
Il est tout fin et très long, ce qui lui donne un air un peu disproportionné comme si on avait un peu trop tiré dessus, et il a un joli et élégant petit chapeau. Il a surtout la particularité d'être cultivé puis vendu en botte de champignons tous collés les uns aux autres, comme s'ils voulaient se tenir au chaud, tels des pingouins sur la banquise. C'est un déchirement de les séparer pour les cuisiner, mais malheureusement pour eux ils sont trop bons.

dimanche 20 juin 2010

Attention à tes doigts, petit ourson


Encore un autocollant de signalétique pour prévenir de faire attention à la fermeture des portes. Celui-là, si on ne parle pas japonais, peut être assez trompeur. On voit un petit ourson, le sourire jusqu'aux oreilles, qui court vers un lieu non déterminé sur la gauche et semble montrer quelque chose avec son index. Qui pourrait imaginer qu'il ne fait pas suffisamment attention et qu'il va se faire happer le doigt par les portes du train ? Il devrait faire un peu plus attention.

Et trouver un dessin un peu plus clair ne serait pas du luxe non plus.

samedi 19 juin 2010

Du soleil entre la pluie


De larges avenues, du ciel bleu, des palmiers. Où est-ce donc ? Nice ? Miami ? Los Angeles ?
Raté. C'est Tsukuba, la ville la moins japonaise du pays et la moins typique. Déjà, les larges avenues en pleine ville, c'est louche. Normalement, on trouve plutôt un labyrinthe de ruelles tortueuses, des carrefours, des culs-de-sac, etc.
Les cartographes de la mairie vont être bien embêtés quand ils vont devoir dessiner les habituels plans compliqués sur lesquels personne ne s'y retrouve. Avec de grandes artères rectilignes et une partie de la ville qui suit un plan quadrillé, ça va être difficile de perdre les visiteurs. Je suis certain qu'à la mairie ils en rigolaient déjà d'avance à imaginer tous ces gens perdus à force de s'orienter en s'aidant de cartes approximatives ou trop détaillées. Mais les urbanistes en ont voulu autrement. Saloperie d'urbanistes qui ruinent les meilleures blagues des fonctionnaires territoriaux.

vendredi 18 juin 2010

Grand concours de paper toys


Comme prévu, voici le nouveau grand concours organisé par les écureuils volants. On quitte l'origami pour rejoindre le monde merveilleux des paper toys (car c'est beaucoup plus dans le vent). Le principe du concours est simple :

Vous avez jusqu'au lundi 5 juillet pour m'envoyer par mail une photo de l'un des trois paper toys suivants, mis en scène dans l'environnement de votre choix (un intérieur, votre jardin, la plage, le café du coin, une décharge, un diorama en paper toy, etc. Bref, ce que vous voulez). Trois modèles s'offrent à vous :
- l'oiseau (seul ou les deux du modèle)
- le renard boxeur (plus dans l'esthétique paper toy en forme de cube)
- le volcan islandais Eyjafjöll (il est facile à faire celui-là)

Il peut être laissé tel quel, ou bien vous pouvez dessiner dessus. Il peut être présenté seul ou accompagné (par les autres paper toys du concours par exemple, mais pas nécessairement. On trouve assez facilement pleins de modèles sur le net, comme un écureuil, Ariol, une raie manta, un sanglier, un requin, une otarie, Bob l'éponge, Léonardo la tortue ninja, etc.)... Vous faites ce que vous voulez du moment qu'on voit l'un des trois paper toys imposés sur votre photo.

J'annoncerai les lots à gagner dans quelques jours (je n'y ai pas encore réfléchi) et vous pourrez voter pour votre paper toy préféré du 6 juillet au 16 juillet. Le mail de candidature que vous m'enverrez devra contenir la photo, le titre de la photo s'il y en a un, et le nom sous lequel vous désirez concourir. Je vous conseille de me les envoyer par mail sans les montrer avant (sur facebook par exemple comme certains l'ont fait avec l'origami) afin d'éviter de perdre l'effet de surprise le jour du vote ou de se faire piquer une super bonne idée par un autre qui l'améliorera (le monde des concours de papiers est impitoyable).

Avec toutes ces sessions de découpage, de pliage et de collage, j'ai l'impression de refaire les activités des Jeunes années Magazine qui ont bercé mes tendres années 1980. Dommage que je n'ai plus ces revues, j'aurais pu trouver une mine de sujets pour un prochain concours, comme une compétition de tir à l'arc en slip par exemple. Evidemment, suivant vos affinités politiques et littéraires, vous pouvez très bien vous imaginer revivre vos années Pif Gadget, Picsou Magazine ou Le Journal de Spirou.
Allez, trêves de sentiments nostalgiques, voguez vers l'avenir et le concours de paper toys. A vos ciseaux et tubes de colle ! Je préfère vous prévenir dès maintenant, c'est parfois assez difficile à faire et c'est un vrai challenge pour tester sa patience. Essayez de ne pas trop vous énerver et de ne pas tout casser dans votre appartement sous prétexte que vous n'arrivez pas à faire tenir un bras ou un chapeau en papier (ce serait dommage et vous le regretteriez tôt ou tard). Pour certains modèles il faut utiliser un cutter ; n'hésitez pas à vous faire aider d'un adulte pour ne pas vous faire de mal.

 

jeudi 17 juin 2010

Un Poséidon et deux Vénus en toge


Tous les soirs je passe à vélo devant cet étrange bâtiment, au rez-de-chaussée duquel sont entreposées des sculptures en veux-tu, en voilà. Il s'agit de la salle des plâtres de la section beaux-arts de l'université, qui sert aux étudiants pour qu'ils s'exercent au dessin devant les plus célèbres statues de l'histoire de l'art occidental. On y reconnaît pêle-mêle, le David de Michel-Ange, la Victoire de Samothrace, le Discobole de Myron, la Vénus de Milo, un Poséidon et tout un tas de bustes posés sur des étagères et des socles variés.
C'est amusant de se dire que même à l'autre bout du monde, dans un contexte géographique et artistique complètement différent, on enseigne quand même aux étudiants à dessiner à partir des sculptures de l'Antiquité gréco-romaine ou de la Renaissance. Je sais bien que les étudiants choisissent entre une filière à l'occidentale (yôga 洋画) et plus japonaise (nihonga 日本画), mais j'imagine que même les étudiants de la filière "occidentale" pourraient s'entraîner sur quelques statues japonaises, ou au moins asiatiques. Ce ne sont pas les chefs-d'oeuvre de la statuaire asiatique qui manquent. Et puis je ne pense pas non plus que l'enseignement artistique de la peinture nihonga soit basé sur une pratique du dessin d'après sculpture.
Il y a aussi quelques sculptures disséminées un peu partout sur le campus et j'ai le droit devant la porte du bâtiment où se trouve mon bureau à L'Âge d'airain de Rodin. J'aurais pu plus mal tomber.

mercredi 16 juin 2010

La bataille contre le monstre de l'évier


Hier en voulant tranquillement faire du thé, j'ai découvert qu'un scutigère avait élu domicile dans le fonds de mon évier (je remercie Marion pour l'identification exacte de la bestiole. Je croyais que c'était une scolopendre, mais comme ça avait des pattes longues comme des poils je l'avais baptisé "scolopendre-lévrier afghan" faute de mieux).
Comme ça n'avait pas décidé de s'enfuir en bruissant à mon approche, j'ai pris le temps de prendre une rapide photo (pour la postérité et pour votre plaisir), avant de tenter de l'écraser à coups de théière (c'est tout ce que j'avais sous la main). Résultat, au bout de trois coups violents à décapiter une musaraigne, la bestiole semblait à peine assommée. Je l'ai poussé dans le filtre de l'évier, que j'ai ensuite retiré pour le balancer dans le couloir de l'immeuble, en espérant très fort que le monstre décide de ne plus revenir chez moi.

En cherchant sur internet, j'ai lu que "les scutigères aiment les endroits où ils trouvent des insectes à manger. Si vous trouvez un scutigère chez vous, c'est qu'il y a sûrement des insectes". Sans blague ?
En ce moment, c'est le paradis des insectes (j'ai même croisé un scarabée-rhinocéros. C'est son vrai nom, je ne l'ai pas inventé cette fois-ci). La saison des pluies a commencé avant-hier, il pleut la moitié de la journée, il fait une chaleur étouffante et l'atmosphère est très humide même la nuit. Pour loger tout ce petit monde et ne pas être débordé par les réservations estivales, j'ai déjà installé deux autres petits pavillons pour les cafards. Le seul point positif de cette ambiance tropicale, c'est que mes plantes aussi apprécient et poussent très vite.
Sur cette photo, le monstre de l'évier juste avant de donner l'assaut :
Pour renforcer, l'impression de vivre à la Préhistoire, après les gros insectes et la moiteur tropicale, j'ai eu le droit à un tremblement de terre tout à l'heure. J'en avais déjà senti un le mois dernier, mais il était vraiment petit. Cette fois-ci les murs et les meubles ont tremblé. Ca restait quand même de faible envergure, ça a juste fait tomber le paquet de cookies qui était en équilibre sur le bord de mon bureau.
Si un volcan entre en éruption dans les jours qui viennent et que je croise des gros lézards de type varans, je commencerais à me poser des questions sur cet environnement de plus en plus hostile.

mardi 15 juin 2010

Attends chérie, je gare mon tractopelle


A Kawasaki, au détour d'une rue, un petit engin de chantier gentiment garé comme une voiture. Entre les câbles qui retiennent le poteau électrique et le balcon au-dessus, on croirait que cette place a été faite spécialement pour lui.

lundi 14 juin 2010

Des étoiles pleins les yeux


Quand je vais à Tôkyô depuis chez moi, ma gare d'arrivée est celle d'Akihabara 秋葉原, aussi appelée "la ville électrique" car on y trouve tous les magasins d'électro-ménager et d'informatique qu'on peut souhaiter visiter. Je dis bien "visiter" en parlant de magasins, car ils sont tellement vastes, sur 6 ou 7 étages, que ça tient davantage de la visite que du shopping. Bien évidemment, dès la rue, on est inondé de la lumière colorée des néons et des enseignes, tout autant que du bruit craché par les haut-parleurs. Les Japonais ont réussi à véritablement donner un sens aux expressions "pollution lumineuse" et "pollution sonore". La photo ci-dessus résume assez bien la débauche de sollicitations visuelles à laquelle doit faire face le cerveau humain dans ce quartier, puisque même le capteur de mon appareil-photo ne savait pas comment réagir.
Pour couronner le tout et parfaire la réputation de ce quartier qui n'en a pas besoin, les rues et les magasins sont envahis par tous les geeks et fans d'informatique que contient la ville (et aussi beaucoup de touristes venus voir et surtout acheter du matériel informatique, un caméscope numérique, un nouvel appareil photo, etc.). Sur la photo au-dessus, on voit l'un des rayons "câbles et connectiques" d'un grand magasin. Je ne savais qu'il existait autant de câbles différents, ni autant de gens à s'y intéresser.
Toute une économie parallèle s'est constituée pour satisfaire les geeks, en particulier des fast-foods pour pouvoir manger très vite et repartir aussi vite jouer sur son ordinateur, ou des magasins vendant des DVDs de mangas de jeunes étudiantes en petite culotte. Il y a aussi des cafés dont les serveuses sont toutes habillées en soubrettes, et certaines font d'ailleurs de la pub dans la rue en tenue. Quelqu'un devrait leur dire que la tenue de soubrette ne met pas à son avantage quand on n'a pas un physique très avantageux (ce sont rarement les plus jolies qui font ça), et leur préciser aussi justement que "joli" ne signifie pas "vulgaire".

Nous sommes désolées, mais nous préférons rester entre filles


Dans de nombreuses gares, on peut trouver ce type de marquages au sol sur les quais, redoublés par des autocollants installés sur les vitres de certains wagons de train. Cela indique que le wagon qui s'arrêtera à ce niveau du quai est réservé uniquement aux femmes pendant les jours de semaine (du premier train le matin à 22h).
De plus en plus de lignes de train possèdent leurs "wagons pour femmes". Au début je n'avais pas bien saisi à quoi ça pouvait servir, donc j'ai demandé et voici la réponse, pourtant très simple : ils sont destinés aux filles qui en ont marre de se faire tripoter les fesses par des grand-pères ou des mecs un peu louches et/ou bourrés sous prétexte que "oh ! il y a des secousses, j'ai glissé", ou encore "ce train est bondé, je vais être obligé de me serrer un peu plus contre vous".

Il faut noter :
- qu'il n'existe pas de wagons pour hommes uniquement, ce qui signifie que les femmes pinceuses de fesses pourront continuer à agir en toute impunité (même si je doute qu'il y en ait beaucoup)
- que les handicapés ont le droit de monter dans ces wagons
- que les enfants de moins de 6 ans (c'est précisé "avant l'âge d'aller à l'école à primaire") peuvent également monter. Ce qui signifie qu'une maman ne peut pas l'emprunter avec son enfant de CE2 et qu'ils devront filer dans un autre wagon. Et aussi que, selon le personnel ferroviaire, les enfants de 7 ans ne sont déjà plus suffisamment innocents pour être autorisés à fréquenter ce genre de train. Triste monde.

vendredi 11 juin 2010

Le bureau du professionnel

Même si j'avais dit que je ne mettrai rien de vraiment personnel sur ce blog, devant l'insistance de certains à connaître mes conditions de travail, voici une photo de mon bureau (on peut cliquer dessus pour zoomer et découvrir la foule de détails qui s'y cache). On est six à le partager et le lieu sert aussi de bibliothèque pour les bureaux d'à-côté dont les étagères sont pleines. Sur cette photo on ne voit pas mon coin à moi car il est dans l'angle où je me trouve. Plus ou moins au centre on aperçoit la porte d'entrée avec à côté le frigo et le four à micro-ondes, cachés de l'autre côté de la porte se trouvent les deux cafetières, la bouilloire et le broyeur à papiers (qui a été déplacé, soit-disant "pour ne pas me déranger avec le bruit", mais je crois plutôt qu'on ne veut pas que moi aussi je joue avec), et sur la droite c'est la grande terrasse. Il y a tout le confort d'une maison, ce qui tombe bien puisque certains habitent quasiment ici en semaine. Il y en a même un qui a ramené ses chaussons pour, je cite, "être plus à l'aise".
Sur cette photo-ci par contre on voit mon bureau, c'est celui au fond à gauche, sous la fenêtre qui donne sur le petit bosquet de bambous. Bosquet qui abrite une multitude d'oiseaux, dont un avec un cri bizarre qui chante tous les soirs à 18h30 quand le soleil commence à se coucher (et je me demande bien ce que ça peut être comme oiseau, on dirait le cri d'un toucan et pourtant je doute qu'il y en ait un parmi les bambous. Niveau camouflage, on fait mieux que le toucan, je l'aurais vu depuis le temps).
J'ai aussi vue sur les vélos garés à l'abri de la pluie et sur les gens qui téléphonent sur le toit du bâtiment d'en-face et qui composent ma distraction principale quand je lève la tête de mon ordinateur.

mercredi 9 juin 2010

Deviens toi aussi musclé comme un gorille


Dans les supermarchés, les épiceries et les distributeurs automatiques, on trouve une multitude de boissons énergisantes, reconnaissables à leur couleur blanche et à leurs emballages bleus. Au final, elles sont toutes un peu identiques : des protéines, pas beaucoup de sucres, idéal pour le sport, tout ça. Les spots publicitaires qui vantent les mérites de ces boissons jouent sur l'envie des spectateurs de vouloir être en bonne santé, et surtout de devenir un vrai sportif, musclé et endurant.

Enfin, ce n'est pas tout à fait vrai. Une boisson, Protein Water プロテインウォーター, propose un message un peu plus décalé et très second degré (ne cherchez pas la bouteille sur la photo, il n'y en a pas. Je me suis déplacé exprès à l'épicerie du coin pour prendre ma photo, mais pour rien). Les spots de cette boisson mettent en scène deux groupes qui s'affrontent dans une sorte de combat d'intimidation : des athlètes minces et très efféminés, face à des catcheurs musclés en slip et en cagoule. Le message est "pas besoin d'être musclé pour être un vrai macho", avec aussi en filigrane "pas la peine d'être musclé pour boire ça". Attention les yeux.



Forcément, ça surprend un peu quand on ne s'y attend pas. Il y a eu plusieurs spots mais je vous ai mis le dernier sorti, celui que je préfère. En voici un second, le "spécial été", présentant toujours l'affrontement entre les hoso-matcho 細マッチョ (les machos minces) face aux gori-matcho ゴリマッチョ ("gori" tout seul ne veut rien dire, mais je pense que c'est pour gorira ゴリラ, le gorille. Donc les "machos gorilles"). Cette fois-ci, les minces ont un éventail car il fait trop chaud et les catcheurs mangent de la barbe à papa. Pas facile avec la cagoule.

mardi 8 juin 2010

Le graphiste et l'Arche de Noé


Il y a deux semaines je suis allé voir une expo sur l'art déco dans les collections du pavillon des arts décoratifs du Musée national d'art moderne, et j'ai fait la découverte du graphiste Sugiura Hisui 杉浦非水 que je ne connaissais pas du tout. Il a pas mal travaillé pour les grands magasins Mitsukoshi et a fait les pubs pour plusieurs lignes de métro, ce pour quoi il est le plus connu. En cherchant un peu dans d'anciens catalogues d'expo, j'ai aussi vu qu'il avait réalisé pas mal de publicités mettant en scène des animaux, comme ici des poissons volants pour vendre de la sauce de soja dans les années 1920 ou un porc-épic porte-cartes de visite (les fans de porc-épic apprécieront cette image rare) :
Mais à la bibliothèque, j'ai surtout trouvé un livre de 1959 intitulé Sekai dôbutsu zuan shiryô shûsei 世界動物図案資料集成 (Recueil mondial de dessins d'animaux). Il s'agit comme son titre l'indique d'un ouvrage synthétisant diverses représentations d'animaux, de l'Antiquité aux années 1950 et venant d'un peu partout (Japon, Chine, Europe, Etats-Unis, etc.), rassemblées par Sugiura et Watanabe Soshû 渡辺素舟. L'ouvrage a été réédité sous un autre titre en 2006, mais j'ai trouvé la version originale sur internet pour rien du tout (j'en ai pour plus cher de frais de port que de livre) et le facteur me l'a gentiment apporté ce matin.
La première photo représente les faucons, les vautours et les poulpes (c'est dans l'ordre alphabétique japonais) et on reconnaît une gravure de poulpe par le Breton Mathurin Méheut (en bas à droite de la page de gauche). La seconde photo représente l'une des doubles pages consacrées au paon.

lundi 7 juin 2010

Du sarrasin à toutes les sauces


Un mois plus tôt, j'ai bu chez des amis du soba-cha そば茶, littéralement "thé au sarrasin", que je ne connaissais pas du tout. Comme c'était vraiment très bon, j'en ai cherché dans les magasins, d'abord de façon infructueuse dans les magasins de thé, mais j'ai fini par en trouver dans une épicerie fine. Alors que je pensais que c'était un mélange de thé vert avec un peu de sarrasin, il n'en est rien puisque ce ne sont que des graines de blé noir grillées, que l'on fait ensuite infuser dans de l'eau chaude pendant 3 à 5 minutes, comme du thé. Comme c'est délicieux, je ne bois plus que ça depuis 15 jours. On dirait du thé parfumé à la galette.
Il faut croire que je suis dans une période "sarrasin" en ce moment. Samedi soir je suis sorti dans le pseudo quartier français de Tôkyô (du moins celui qui est le plus français de tous), à Iidabashi 飯田橋. On a mangé dans une crêperie, qui employait un Québecquois au service mais qui devait sûrement passer à merveille pour un Français auprès des clients japonais, et j'ai pu manger une galette, accompagnée d'une bière bretonne au sarrasin.
Une carte des plats en français, des magazines sur la Bretagne à disposition, de la bière servie dans un verre à vin et même un poster du château du Fougères dans les toilettes. Bref, un repas haut en couleurs.

dimanche 6 juin 2010

Le terrier sur-protégé

J'ai beau habiter dans un tout petit appartement à l'état discutable, on n'y rentre pas comme dans un moulin. Avant de s'attaquer aux deux verrous de la porte d'entrée, il faut d'abord se coltiner le digicode sur lequel il faut taper deux codes différents (un à 5 chiffres et l'autre à 4), ce qui fait beaucoup. Et comme si ça ne suffisait pas, il y a aussi ma phase préférée, celle de la validation avec le dos de la main. J'aurais bien aimé que ce soit un vrai détecteur de dos de main, mais malheureusement c'est juste un capteur qui fonctionne je ne sais pas trop comment (j'ai essayé de mettre la paume de la main, du courrier ou un journal roulé à la place, mais ça n'a pas fonctionné, il lui faut absolument le dos d'une main).

Si un résident se trompe trois fois en tapant son code (ce qui n'est pas impossible vu le nombre de chiffres qu'il faut taper) ou s'il oublie de bien fermer la porte derrière lui, au bout de trente secondes se déclenche une alarme très aiguë avec un gyrophare orange qui se met à clignoter dans le hall de l'immeuble. On y a le droit au moins une fois par nuit car il y a toujours quelqu'un qui referme mal la porte et qui ne s'en rend même pas compte car il s'est déjà engouffré dans l'ascenseur avant que les 30 secondes fatidiques ne se soient écoulées. Je précise, bien que ce ne soit sûrement pas nécessaire, que j'habite bien évidemment au rez-de-chaussée à 10 m à peine du hall d'entrée.

Si le concierge de l'immeuble lit ce blog, ce dont je ne doute pas un instant, j'aimerais bien qu'on dépense un peu moins d'argent dans des gadgets pour la sécurité de l'immeuble mais qu'à la place on répare les fenêtres du couloir qui laissent passer l'eau quand il pleut. Merci d'avance.

samedi 5 juin 2010

Toujours plus loin vers le sud


Voilà un parfait exemple de plan piégé dont je parlais il y a quelques jours, si on n'est pas suffisamment attentif. Celui-ci est planté pas très loin de chez moi et si on essaie de se repérer, il faut faire très attention, puisque le nord est indiqué vers le bas, là où penserait à aller plein sud.

vendredi 4 juin 2010

Champignon ou pousse de bambou ?

Il existait déjà plusieurs grandes lignes de démarcation qui séparent l'humanité en deux groupes distincts : ceux qui sont plutôt mer ou montagne, Mac ou PC, ceux qui prennent leur douche le matin ou plutôt le soir, etc. Il faudra désormais compter avec une nouvelle pomme de discorde : êtes-vous plutôt champignon ou pousse de bambou en chocolat ?
La marque Meiji a lancé dans les années 1970 des petits biscuits au chocolat qu'on peut trouver dans n'importe quel konbini コンビニ (sorte d'épicerie ouverte 24h/24). Il en existe deux sortes : les champignons, appelés Kinoko no yama きのこの山 (La montagne aux champignons) et les pousses de bambous, appelées Takenoko no sato たけのこの里 (La campagne des pousses de bambous). Ils ont tous les deux à peu près le même goût, mis à part le biscuit du champignon qui est un peu plus croustillant et c'est là que ce fait toute la différence.

Bien évidemment, il existe pléthore de parfums divers et variés pour briser la monotonie du chocolat au lait, tels que la fraise, l'incontournable thé vert ou le milkshake à la banane. Auxquels il faut ajouter les parfums en édition limitée, comme la pomme, le raisin, le caramel, le maïs ou la farine de soja.

Suivent deux pubs de 1986 à la grande époque où on savait encore faire chanter les jeunes filles de leur voix suraiguë au rythme des tambours :


La première pub présente les pousses de bambous et la seconde les champignons. Ce qui est marrant, c'est que maintenant les publicitaires de la marque entretiennent cette différence entre les deux et font évoluer les campagnes de pubs suivant les ventes. Par exemple, en ce moment ce sont les pousses de bambous qui se vendent le mieux, alors sur les paquets des pousses de bambous on peut voir un champignon dire "OK, les pousses de bambous sont super bonnes, mais les champignons aussi".
Et sur la pub qui suit, plus récente, on voit un champignon rockeur face à des pousses de bambous arrogantes et adeptes de break-dancing. C'est... édifiant.

jeudi 3 juin 2010

Alors je vais prendre du Bleu d'Auvergne, du gruyère et une roue avant


Le vélo garé à côté du mien ce midi arborait fièrement plusieurs autocollants avec marqués "Fromage le choix" sur le pédalier, le cadre et le guidon. Comme le français est réputé comme étant une langue agréable à l'oreille, poétique et romantique, les Japonais n'hésitent pas à l'utiliser sur leurs enseignes, pour des noms de marques, etc. En règle générale, c'est juste pour faire joli, donc soit le message ne veut rien dire, soit il est en décalage complet avec ce qu'il est censé dire, comme ici. Bien évidemment, certaines caractéristiques graphiques comme les accents et les cédilles sont les bienvenues, et souvent ajoutées en surnombre si on juge que ça ne fait pas assez exotique.
Il y a une marque de vêtements très connue qui s'appelle "Cocue" (leur site est ici si vous voulez vérifier) et il n'est pas rare de voir des gens se balader avec des sacs estampillés "Cocue" dans la rue. La semaine dernière j'ai croisé un couple qui marchait amoureusement main dans la main, la fille portant un T-shirt avec marqué en gros "Cocue" dessus, alors que ce n'était manifestement pas un couple libéré qui se joue des conventions sociales et qui l'affiche ouvertement. Ils en faisaient tellement des caisses à se tenir l'un l'autre que c'en était encore plus drôle. Malheureusement je n'avais pas mon appareil-photo pour immortaliser cet instant comique.

mardi 1 juin 2010

Les mélanges mystérieux de l'agro-industrie


Ce soir, pour se détendre après une journée de travail harassante, rien de tel qu'une bière bien fraîche avec des gâteaux apéritif. Mais quels gâteaux choisir : ceux aux petits pois ou bien ceux saveur "pâtes à la carbonara" ? Mon coeur balance face à ces parfums concoctés avec amour par les ingénieurs de l'industrie agroalimentaire.
Finalement ce sera les pâtes à la carbonara, les petits pois attendront. C'est d'ailleurs très étrange comme goût, car on sent bien la crème fraîche, les lardons et même les oignons. Mon cerveau a l'impression, après les informations transmises par mes papilles gustatives, qu'il peut se passer du repas du soir puisque mon corps vient de manger une bonne plâtrée de pâtes. Il n'en est rien petit cerveau, ressaisis-toi !