lundi 8 septembre 2014

Au-dela des cimes pointe le soleil

Comme il ne se passe plus rien de nouveau sur ce blog depuis un bout de temps et pour justifier le fait qu'il soit toujours en ligne, c'est avec joie que je vous annonce la parution de Kokekokkô ! aux éditions Issekinicho. Pourquoi avec joie ? Tout simplement car ils m'ont demandé d'écrire la préface du livre, afin d'introduire les seize BD qui composent ce pavé.
Je vous conseille, bien évidemment, chaudement de lire ce livre et vous donne rendez-vous pour un éventuel nouveau post de ce blog dans deux ans, pour l'éventuelle sortie de Kokekokkô ! 2, pour lequel j'écrirai éventuellement une préface.

jeudi 13 décembre 2012

Et des cendres renaît le phénix

Si ça se trouve, certains d'entre vous ont encore ce blog dans leurs flux RSS et ils verront ce message. La fièvre bloguesque a eu le dessus et donc je reprends du service, mais ailleurs, pour bien couper entre les blogs Japon et post-Japon. Par contre, c'est la même recette, la même formule, la même vieille marmite dans laquelle on fait de la soupe (la meilleure, paraît-il).

Ca se passe ici : http://ecureuilvolant-ecureuilvolant.blogspot.fr/ 

Venez, les amis. Je vous attends avec une rose dans la bouche en faisant des clins d'oeil (c'est mon côté danseur de tango qui ressort).

jeudi 1 septembre 2011

Rideau

Ca fait déjà plusieurs fois que j'y pense et que finalement je repousse l'échéance, mais je crois que cette fois c'est la bonne. Je vous annonce donc la fin de L'écureuil volant dans l'espace. Ce n'est pas nécessaire de se voiler la face, le blog était dernièrement de moins en moins drôle. Qu'il soit de moins en moins intéressant, au pire, ce n'est pas trop grave comme ça n'a jamais été l'objectif, loin de là. Mais si ça devient moins drôle, là, ça pose déjà plus problème.

Au début, le blog était fait pour ma famille et les amis pour donner des nouvelles et raconter un peu n'importe quoi. Assez rapidement, d'autres lecteurs ont commencé à prendre le train en marche et à suivre le blog, trouvant ce qui était publié suffisamment amusant pour revenir régulièrement.
Mais là, depuis deux mois, je tourne en rond, j'en viens même à raconter mes vacances et à publier des photos de petits lapins (même moi, j'ai parfois mes faiblesses). Si ça continue comme ça, dans un mois je vous donne des nouvelles de mon labrador (que je n'ai pas). Avant d'en arriver à ce stade de non retour et que mes amis me jettent des pierres de dégoût, je préfère tout arrêter. De toutes façons, depuis quelques temps j'ai de moins en moins de plaisir à publier des photos et à écrire des anecdotes, ce qui est assez embêtant puisque je ne fais que ça sur le blog.

En me forçant, je pourrais encore continuer, mais c'est justement là la notion clef à saisir dans la leçon d'aujourd'hui : je n'ai pas envie de me forcer.
Je tiens à vous remercier tous, puisque vous êtes un peu plus de 500 à suivre le blog chaque jour (en baissant un peu les statistiques car je doute que les gens qui tombent sur le site en tapant "parade amoureuse de l'otarie", "Geneviève de  Fontenay gantée de cuir" ou "barman qui pisse dans un verre" [j'aime vraiment beaucoup celui-là] trouvent vraiment ce qu'ils recherchent). A chacun je fais un câlin parce que je suis gentil.

Et puis, je n'ai pas encore dit mon dernier mot. Si ce n'est pas ici, vous me reverrez sûrement ailleurs, car si L'écureuil volant dans l'espace a fait son temps, j'ai encore un tas d'idées à mettre en application, faites-moi confiance pour ça.

Allez, on remet ses chaussures et on va faire un petit tour dehors pour se changer les idées.

Générique de fin :

dimanche 28 août 2011

Encore un coup du sonotone mal réglé

L'un des types des espaces verts n'a pas du tout comprendre à ce qu'on lui avait demandé : alors que, partout dans les parcs, on plante des pancartes dans tous les sens pour demander aux gens de ne pas nourrir les pigeons, lui a installé un distributeur de nourriture spécialement pour eux.

samedi 27 août 2011

N'importe quoi, n'importe quand

Récemment je suis tombé sur un distributeur de choses utiles, notamment d'appareils photo jetables et de cravates. On ne sait jamais, si on a taché sa belle cravate porte-bonheur à motifs de colverts et qu'on a un rendez-vous important.
Mais le distributeur d'à-côté proposait quant à lui des sacs d'aspirateur. Et ça, ça me paraît déjà beaucoup moins explicable. Qui a vraiment besoin en toute urgence de sacs d'aspirateur ?

vendredi 26 août 2011

Le paradis des ruminants

Quand je disais précédemment que rien ne pousse près du volcan, j'entendais par là "directement à proximité du cratère", à cause des émanations du lac acide notamment. Par contre, autour, la terre volcanique est tellement noire et fertile que les plantes sont aussi contentes que si elles étaient au paradis de la chlorophylle (et dans un sens, elles y sont).
Je n'ai jamais vu de l'herbe aussi grasse et aussi verte. Du coup, quelqu'un a pensé à y mettre des vaches, qui ont l'air très heureuses là-dedans (n'importe quelle vache le serait pour moins que ça). Même Heidi y mettrait volontiers ses chèvres.

mercredi 24 août 2011

Le redoutable cratère

Comme j'aime bien le danger, et pour me changer un peu la tête de mes tremblements de terre, j'ai profité de mon passage à Kumamoto 熊本 pour aller à Aso 阿蘇 voir le volcan. Tant qu'à faire, quitte à être en vacances, autant visiter l'un des volcans les plus actifs du Japon.
L'accès est plutôt aisé en voiture, mais rien ne garantit qu'on pourra aller jusqu'au sommet, qui abrite un vaste lac acide rappelant la "trempette" dans Qui veut la peau de Roger Rabbit ?. Le volcan émet des gaz nocifs (la pancarte au dessus indique du dioxyde de soufre) et le site est fermé dès que les émissions de gaz sont trop importantes ou que les vents ne soufflent pas dans le bon sens.
Des abris en béton ont été construits à proximité du cratère pour permettre de se protéger en cas d'éruption, et plus particulièrement pour éviter les chutes de pierre ou de cendres. Malheureusement, ça ne fonctionne que moyennement sur les gaz toxiques et la page Wikipédia du volcan indique qu'il y a eu 7 morts et 70 blessés en 1997 (ça ne rigole pas au mont Aso).
Quand j'y suis allé, c'était en tout cas assez époustouflant comme paysage (je n'utilise pas assez le terme "époustouflant", à tort. C'est sûrement dû au fait que je ne vois pas souvent de volcans en activité). C'était grand, et désertique, et minéral. Pas grand chose ne poussait, mise à part une seule et unique plante.
Je remercie d'avance le botaniste, le biologiste ou le sciences-de-la-vie-et-de-la-terriste qui saura l'identifier (il y en a suffisamment à lire ce blog pour que je puisse espérer une réponse).

lundi 22 août 2011

Un ou deux glaçons dans votre Campari ?

Cet été, j'ai réussi à m'échapper un petit peu de Tsukuba. Parce que bon, Tsukuba c'est bien mignon mais ça va cinq minutes, et en plus c'est quand même mieux plus loin (rien à voir avec cette histoire d'herbe plus verte ailleurs, c'est simplement que Tsukuba, au palmarès des villes moches, elle gagne une médaille pour son audace et sa ténacité dans la laideur). C'est toujours bon de s'éclipser un peu.
Première destination, Kyûshû 九州, et plus précisément le département de Kumamoto 熊本, injustement méconnu. Surtout que la ville de Kumamoto abrite un très joli château qui permet de s'occuper quand on ne sait pas quoi faire. Sauf qu'à marcher comme ça sur la butte du château, au soleil, il fait chaud, très chaud. Je tirais un peu la langue sur la fin à force de grimper les marches sans la moindre petite ombre.
Heureusement, au sommet, quelqu'un avait eu la brillante idée de placer deux énormes blocs de glace sur lesquels on pouvait poser sa serviette pour se rafraîchir un peu la tête, et les idées par la même occasion.

[Kumamoto c'était déjà il y a trois semaines mais je n'ai pas pris le temps de mettre tout ça en ligne au fur et à mesure. Comme d'habitude, les épisodes des vacances ne seront donc pas présentés en temps réel, ni même dans l'ordre, puisque je n'en fais qu'à ma tête.]

samedi 20 août 2011

Insouciant et au soleil

Pour profiter un peu du beau temps et du soleil, on a décidé de louer des vélos pour aller se balader dans les rizières près de chez moi. Dit ainsi, ça semble être une très bonne idée : l'été, le soleil, le vélo, les rizières, le vent dans les cheveux, tout ça. C'était sans compter les 36° C qu'il fait dehors et c'était aussi oublier que l'ombre est aussi présente dans les rizières que dans les marais salants à Noirmoutier (c'est-à-dire inexistante).
Ne nous voilons pas la face, on a cuit comme des côtes de porc sur un barbecue, mais c'était très joli. Comme quoi, pas besoin d'aller bien loin pour voir de beaux paysages (dit-il alors qu'il habite à plusieurs milliers de kilomètres de son ancienne maison). La seule chose qui nous a sauvé de la déshydratation, ce sont les distributeurs de boissons, et donc d'eau, qu'on trouve à peu près partout au Japon l'été, même en pleine campagne au milieu des rizières. Et qui ne doivent pas beaucoup servir, à part pour les nigauds qui décident de faire du vélo en plein après-midi.
Cette promenade m'a au moins permis de rencontrer un paysan qui traitait ses rizières avec un hélicoptère télécommandé : plutôt que de mettre les pieds dans l'eau et comme le riz commence à être haut, il dirige son hélicoptère et largue les produits à distance. Je ne suis pas certain que ce soit super efficace, mais ça a le mérite d'être original.
Une fois rentré, et après une douche bien fraîche, l'heure du bilan est arrivée : c'était chaud, un peu pénible (à cause de la chaleur), mais tout de même très beau. En plus, j'ai pu parfaire mon bronzage ridicule de cette année. En plus du bronzage agricole au niveau des bras, de ma tête de panda à cause des lunettes de soleil trop larges, j'ai pu ajouter un début de bronzage à chevrons sur les pieds.

Décidément, j'ai comme l'impression que le soleil et ma peau ne me veulent pas du bien.

mercredi 10 août 2011

L'attaque des animaux domestiques maléfiques

Au Bouddha géant d'Ushiku (toujours), juste après l'enclos aux lapins, se trouve celui des écureuils de Taïwan. Là aussi, on peut rentrer et se promener à l'intérieur, mais à condition de mettre des moufles. Comme on ne voulait pas enfiler de moufles par 35° C, la personne qui gardait l'entrée a bien insisté lourdement pour qu'on n'approche pas des écureuils, donc quelque chose me dit que ça doit être de la sale bestiole, l'écureuil de Taïwan.
En tout cas, on ne peut pas se voiler la face : c'est vraiment laid. Autant un écureuil ça peut être mignon, autant ceux là ressemblaient à des rats avec la queue touffue. En plus il y en avait plein dans l'enclos, à grouiller et à nous tourner autour en espérant qu'on leur donnerait à manger. C'était finalement assez flippant.
En sortant, on est tombé sur un spectacle d'acrobaties de singes qui se voulait en même temps comique. Les singes étaient habillés en short et en T-shirt et devaient faire des sauts au dessus de barrières, ou dans des cerceaux. C'était à la fois triste et un peu sordide. Je vous montre seulement la scène du crime (avant le crime : j'ai eu du flair).
Et vers la fin, on passe par le bassin aux carpes. Généralement, les bassins aux carpes, c'est joli, ou reposant, ou tout ce que vous voudrez sur le thème de la relaxation de l'esprit. Ici, les carpes se battaient, se montaient les unes sur les autres, et sortaient de l'eau (oui, oui, madame, elles sortaient de l'eau) en glissant sur leurs écailles visqueuses pour aller attraper les morceaux de pain donnés par les enfants. Sachez qu'observer 200 ou 300 carpes se diriger au même endroit en même temps, puis foncer hors de l'eau pour récupérer à manger n'est pas une vision des plus apaisantes. Si ce n'est pas encore arrivé, je suis sûr qu'un jour elles sauteront à la gorge d'un des gamins laissés sans surveillance, puis qu'elles l'entraîneront au fond du bassin pour le dévorer.

Le parc du Bouddha géant regorge donc d'enclos à animaux, tous aussi terrifiants les uns que les autres. Dans un sens, ça va bien avec l'atmosphère du lieu, qui est un peu inquiétante. Pas dans le genre maison hantée, mais plutôt par son aspect un peu décalé : on sent bien que ce n'est pas très clair tout ça.

dimanche 7 août 2011

Bouddha géant 2 : le retour

En ce moment, mes parents sont en vacances au Japon, ce qui explique le rythme estival pris par le blog depuis quelques temps, puisque depuis quinze jours je les trimballe à droite à gauche. Hier on est allé au Bouddha géant d'Ushiku, où j'étais déjà allé il y a deux mois et quelques (voir épisodes précédents). J'en ai profité pour prendre d'autres photos que la dernière fois et vous offrir ainsi un second reportage. Une sorte de contre-enquête.
A côté du Bouddha géant, et toujours dans l'enceinte sacrée, a été installé un parc de lapins et d'écureuils, dont le domaine de compétence a finalement été élargi aux chèvres, aux cochons et aux singes. Je me contenterai aujourd'hui de vous parler des lapins (à chaque jour suffit sa peine).

Les lapins ont donc leur parc, dans lequel il est possible d'entrer pour les caresser et leur donner des bouts de carottes, de préférence en criant des "oh mais il est vraiment trop mignooon !" ou "regarde son petit nez qui frémiiit !" dans des tonalités suraiguës. Le parc fournit des gants ou des moufles pour les enfants afin de ne pas se faire mordre par les lapins (les adultes sont considérés comme assez grands pour ne pas se faire avoir par un lapin).
Comme tout le monde, je me suis prêté au jeu et je suis aussi entré dans l'enceinte des lapins. Mes chaussures ont eu pas mal de succès, je pense que c'est dû à leur revêtement imitation peau de bête, qui leur rappelait leur maman. Je ne suis pas allé jusqu'à les caresser car il ne faut pas non plus exagérer.
L'enclos, plutôt miteux il faut l'avouer, regorge de panneaux comme celui-ci, précisant en images : "Attention aux lapins, dont la morsure est aussi piquante d'une flèche de Robin des bois".
Je vous mets aussi une photo des moufles lavées en train de sécher, ainsi que de mon lapin chouchou.
Je tiens à préciser que je suis tout à fait conscient du fait qu'avoir un lapin chouchou est un peu limite. Des fois, je ne me reconnais pas moi-même (pour ma défense, il est quand même très mignon ce lapin).

mardi 2 août 2011

Troubles aigus du sommeil

Tout le monde sait ce qu'il se passe quand on met un Japonais dans un train ou un métro : bercé par le rythme du véhicule, il s'endort en quelques secondes, en relâchant tous les muscles de son corps et généralement en tombant sur son voisin.

Vous savez ce qu'il se passe quand on enferme sept heures d'affilée des Japonais pour leur parler d'art indonésien ? A peu près la même chose que dans le train.

samedi 30 juillet 2011

Toujours la surenchère

Très pratique pour se fabriquer une lampe originale, idéale pour décorer un salon d'étudiant.

mercredi 27 juillet 2011

Le tri sélectif pour les nuls

Au début, le système des poubelles à Tsukuba me semblait assez simple, puisque binaire : ce qui brûle et ce qui ne brûle pas. Le tout séparé en deux compartiments dans les espèces de clapiers à lapins pour poubelles placées devant chez moi.
Mais ça, c'était avant qu'on me distribue le planning des poubelles, gentiment apporté par mes éboueurs préférés. Il y a donc des jours pour les déchets ménagers (ceux qui brûlent) et ceux qui ne brûlent pas, auxquels il faut ajouter le verre, les canettes en métal, les bouteilles en plastique, les bombes en spray, les encombrants et les vieux papiers et cartons. Le planning est assez compliqué, mais c'était sans compter les mises à jour régulières que je reçois dans ma boîte aux lettres, du type "Nous vous informons que le mercredi 8 juin, jour de ramassage prévu pour les bouteilles en plastique, est remplacé par un jour de ramassage du verre. Veuillez nous excuser pour le désagrément."

Sachant que si on se trompe, les éboueurs, rancuniers comme pas deux, boudent et ne ramassent plus les poubelles de l'immeuble pendant une semaine (c'est comme une punition).
Avec tout ça, je m'y perds parfois un peu. J'ai ainsi raté le dernier jour des bouteilles en plastique et je n'ai plus qu'à patienter jusqu'à la prochaine fois. D'ici là, je parfais ma collection.

dimanche 24 juillet 2011

L'ère du cerf en body

C'est aujourd'hui qu'on passe à la télévision numérique. J'espère que vous avez pris vos dispositions, sinon Chidejika 地デジカ ne va pas être content. Et vous ne pourrez plus ni voir la météo, ni les jeux débiles qui passent le soir.

dimanche 10 juillet 2011

La petite fille et la montagne

Comme promis, voici une petite digression sur Heidi. C'est vraiment l'un des personnages phare de la culture populaire japonaise, que tout le monde connaît et qui a toujours autant de succès. Je ne parle pas des romans de la Suisse Johanna Spyri, que peu de gens ont dû lire, mais plutôt de la série tirée des livres, Arupusu no shôjo Haiji アルプスの少女ハイジ [Heidi, fille des Alpes], sortie en 1974. Comme ce sont Takahata Isao 高畑勲 et Miyazaki Hayao 宮崎駿 qui ont bossé dessus c'est plutôt joli mais c'est nian-nian à souhait. Je vous mets le générique pour que vous puissiez vous rendre compte (j'aime beaucoup le yodel du début de la version japonaise, malheureusement atténué dans la version française, à tort bien sûr) :

Mais bon, ce n'est pas là que je voulais en venir. Si vous vous intéressez à Heidi, ne vous inquiétez pas, vous trouverez plein de sites sur le net qui en parlent, ce n'est pas ça qui manque. Ce qui est un peu plus original, c'est l'espèce de parodie réalisée par l'équipe de Plus Heads, pour la promotion de la voiture Nôto ノート de Nissan. Ils ont repris les mêmes personnages (Heidi, Peter, Clara, le grand père) et les décors des montagnes suisses, tout en composant une petite mélodie qui rappelle à la fois le dessin animé mais aussi pas mal de musiques d'ambiance de jeux vidéo. Cette série (déclinée en spots publicitaires et en épisodes de quelques minutes sur le site de Nissan) s'intutile Teinenpi shôjo Haiji 低燃費少女ハイジ [Heidi, la fille de la basse consommation] car elle demande à tout le monde ce que signifie l'expression "basse consommation", en hurlant à longueur de temps "Teinenpi tte nani ?" 低燃費って何? [C'est quoi la basse consommation ?].

Elle est absolument insupportable, mais c'est ce qui rend la série très drôle. Et j'aime beaucoup le design des personnages, qui changent des petites mascottes kawaii à base de chatons, de lapins ou de poussins (le kawaii, ça va bien cinq minutes). Pas mal de gens trouvent qu'Heidi et ses copains font un peu peur avec leurs grosses bouches rouges, mais je m'en fiche, je les aime bien quand même. Ca a d'ailleurs fait un tel carton quand c'est sorti qu'ils ont rapidement produit tout un merchandising pour aller avec (des crayons, des figurines, des porte-clefs, etc.)

L'équipe de Plus Heads n'en était pas à son coup d'essai ; ce sont eux qui avaient créé la mini-série The World of Golden Eggs, débutée en 2005 et dont Heidi reprend le design et un peu l'état d'esprit. J'ai découvert cette série récemment et c'est en passe de devenir l'une de mes séries préférées. L'intrigue (si on peut vraiment parler d'intrigue) se déroule dans un lycée aux Etats-Unis et on suit les aventures de plusieurs personnages (étudiants, professeurs, dindons, etc.). Chaque épisode est divisé en différentes parties, la première étant chaque fois la séquence principale relative à l'histoire générale, à laquelle succède plusieurs faux programmes ou publicités, comme si on regardait la télé sur une chaîne fictive, en l'occurrence THBC (Turkey's Hill Broad Casting). On voit donc des émissions de talkshows, de musique, ou de cuisine (celles-ci présentées par les frères Rosemary, deux mecs efféminés habillés comme Véronique et Davina, avec des recettes montrées intégralement, filmées dans la cuisine du patron du studio). C'est très décalé et très drôle, avec énormément de jeux de mots entre des mots japonais et anglais (comme l'histoire est censée se passer aux Etats-Unis). C'est pas évident à suivre si vous ne parlez pas correctement japonais, mais pour ceux qui arriveront à comprendre, voici le premier épisode [la parodie d'interview à 6 minutes et quelques est très réussie, avec sa présentatrice qui meuble car elle n'a absolument rien à dire, comme souvent à la télé japonaise] :

vendredi 8 juillet 2011

A gauche après le feu

Presque systématiquement à l'entrée des toilettes des stations de métro ou de gares de train, on trouve un plan qui indique l'emplacement d'à peu près tout : où sont les toilettes des hommes et celles des femmes, l'emplacement des urinoirs, des lavabos, des toilettes "à l'occidentale", celles "à la japonaise" (sortes de toilettes à la turque améliorées), etc. J'ai un peu de mal à comprendre à quoi ça sert vraiment. Je veux dire, des toilettes c'est pas non plus hyper grand, alors on en a vite fait le tour, même sans plan. Et pour ceux qui auraient peur de se tromper en allant dans les toilettes destinées au sexe opposé, entre les pictogrammes à l'entrée et les murs généralement peints soit en bleu soit en rose, on ne peut pas dire qu'ils laissent beaucoup de place au doute.
Certains plans ont même la version en braille (qui du coup a plus de sens) et j'en ai même vu un avec un bouton pour lancer l'explication enregistrée dans laquelle la dame s'applique à décrire les toilettes dans le détail, un peu comme si elle faisait la visite du centre historique de Nancy.

mardi 5 juillet 2011

La termitière admnistrative

Comme j'ai déménagé récemment, il a bien évidemment fallu que je modifie tous mes papiers pour signaler mon changement d'adresse. La visite à la mairie a été une expérience plutôt impressionnante. Pour tout ce qui concerne les demandes administratives classiques (état civil, service social, assurance maladie, etc.), ça se passe au rez-de-chaussée, où j'ai fait toutes mes démarches. Il faut imaginer un énorme open space qui prend quasiment toute la place, avec les bureaux des employés de la mairie, mais sans que les visiteurs puissent y pénétrer. Il y a seulement un couloir qui est ménagé, proposant une série de guichets thématiques (demande de passeport, caisse retraite, cadastre, etc.), un peu comme les stands à la kermesse.

Au niveau du fonctionnement (ce que je dis ne concerne que le rez-de-chaussée, les étages étant organisés par services), c'est très simple : on commence par attendre en file indienne devant le guichet choisi que ce soit son tour. Puis, un employé vient, s'occupe de nous et repart plus loin dans l'open space à son bureau pour tapoter sur son ordinateur, mais sans qu'on puisse le suivre. Pendant qu'il s'occupe de notre dossier, il faut patienter dans un coin, afin de ne pas gêner l'autre employé qui vient au guichet pour s'occuper de la personne suivante.

En gros ça bouge dans tous les sens, autant du côté des employés que des visiteurs, sachant qu'il y à peu près 35 services, disposant chacun de trois à quatre guichets, dont dépendent 10 à 20 employés à chaque fois. L'avantage c'est qu'il y a toujours quelqu'un pour s'occuper de nous et que globalement il n'y a quasiment pas d'attente. Par contre, on ne sait jamais sur qui on va tomber et les chances de s'adresser deux fois à la même personne sont quasiment nulles, ce qui complique un peu les choses quand la situation n'est pas simple (sachant qu'il faut partir du principe que comme je ne suis pas Japonais, les choses paraissent forcément compliquées pour les agents administratifs, quoi qu'il se passe).

Je sais maintenant à quoi ressemble une usine de services. Et j'ai un peu eu l'impression de passer ma matinée dans une fourmilière, ou une termitière, ou n'importe quel autre nom d'habitat pour insectes bâtisseurs finissant en "ière" ("ruche" ne marche pas, par exemple).

dimanche 3 juillet 2011

Collection printemps-été

Comme vous l'avez sûrement remarqué, l'habillage du site a un peu changé. J'ai reçu dernièrement un mail d'un lecteur qui ne trouvait pas logique que la bannière du blog représente un oiseau blanc, alors que le titre du blog est "L'écureuil volant dans l'espace". Après une lecture approfondie du blog, on s'aperçoit pourtant qu'il est assez peu question d'espace, et que les écureuils volants se font plutôt rares. Alors pour fêter l'arrivée de l'été et son climat tropical, j'ai décidé d'y remédier et de modifier un peu l'habillage du blog. Un peu comme si je changeais de T-shirt (mis à part le fait qu'il fait tellement chaud en ce moment que je n'ai pas besoin de T-shirt puisque je vis en slip depuis deux semaines. C'est très chic).
Adieu l'oiseau blanc, bonjour l'éléphant. Qui est tout à fait dans le ton, malgré ce que diront les mauvaises langues. Mais il n'y a pas que le blog qui se met à l'heure d'été, car moi aussi : en acceptant toutes les invitations à base de bière fraîche, de rhum et de barbecue sur le balcon (il n'est pas concevable de faire le difficile quand il y a du poulpe grillé au programme).
Et pour fêter ça, en plus d'un apéritif sur un balcon à Tôkyô à attendre le coucher du soleil, je vous annonce aussi la création de la page facebook du blog. Oui, je sais, on dirait un peu que c'est Noël, ou bien la fête des mères, mais non, vous ne rêvez pas. Les plus grognons d'entre vous diront "Oui, mais je n'ai pas de compte facebook, gnia gnia gnia." Ne vous inquiétez pas les amis, la page est accessible à tous, même sans être inscrit. Au niveau du contenu, je ne sais pas encore exactement quelle forme ça va prendre, mais disons que ce sera un peu comme les bonus d'un DVD, avec les interviews du metteur en scène, le making-off et les bons plans de la costumière. Ca se passe ici.

Quelle envergure prend d'un coup l'Ecureuil volant ! Promis, si je fais imprimer des posters ou des photos dédicacées, vous en serez les premiers informés.

jeudi 30 juin 2011

L'esclavage à tout âge

Ici, il semblerait que les enfants en âge d'aller à l'école maternelle sont embrigadés très jeunes par les partis politiques, qui les forcent la nuit à faire du collage d'affiches électorales. La preuve : toutes les affiches sont collées aux murs avec des gommettes.

mardi 28 juin 2011

Propre comme un sou neuf

Le mardi, c'est toujours un jour un peu spécial : c'est le jour du ménage dans l'immeuble en face de chez moi. Chaque semaine c'est le même rituel. Deux papis se ramènent en mobylette, habillés de leur jolie combinaison et commencent à faire le ménage, uniquement dans les parties communes, c'est-à-dire à l'extérieur puisque les escaliers et les couloirs qui desservent les appartements sont à ciel ouvert (ce qui met des feuilles mortes partout, et c'est sale, donc il faut enlever tout ça). Chacun à un rôle bien défini : le premier, qu'on appellera par commodité Kimura-san, débute par le rez-de-chassée et nettoie en vitesse la rambarde extérieure, puis frotte chaque poignée de porte avec beaucoup de précaution et d'amour. Pendant ce temps là, son compère, qu'on appellera Suzuki-san, monte au dernier étage et balaie le sol, puis les plafonds (oui, oui, les plafonds), tout ça avec beaucoup, beaucoup de lenteur.

Au début, je pensais que Kimura-san et Suzuki-san étaient fâchés, car ils commencent leur boulot à l'opposé l'un de l'autre, mais finalement ça doit être pour être plus efficaces et pour ne pas se gêner. Quand ils se croisent enfin au milieu de leur journée de ménage, au troisième étage, ils sont tellement contents qu'ils prennent leur pause-déjeuner et partent manger sur la pelouse devant l'immeuble, un peu comme quand Pif et Hercule se réconcilient.

Ils ne sont pas très productifs, puisqu'il leur faut quand même entre quatre et cinq heures pour nettoyer cinq couloirs, mais jamais un plafond n'a été aussi propre. On pourrait presque manger dessus si les lois de la gravité ne s'en étaient pas mêlé.

lundi 27 juin 2011

Va jouer dans le cimetière, maman te regarde.

Sûrement pour faire face au manque de place, ou alors pour favoriser le mélange des générations, on décide parfois de construire des jeux pour enfants dans les cimetières, à côté des tombes. Riche idée.

samedi 25 juin 2011

Un pour tous, tous pour un

Finalement, ce sera une vraie note plutôt qu'une réponse dans les commentaires à la question d'hier, parce que c'est un peu long à expliquer. La question était "Pourquoi fait-on des économies d'énergie sur l'air conditionné, mais pas sur des trucs un peu futiles dont on pourrait au contraire se passer ?" (comme par exemple les lunettes de WC chauffantes, qui comme le demandait Delfine, fonctionnent toujours. Etre obligé de s'asseoir sur des toilettes trop froides, non merci).

La seule véritable raison, c'est le gambarô 頑張ろう. Le verbe gambaru 頑張る dont est tiré l'expression en question est assez difficile à traduire et recoupe des notions qui tournent globalement autour de "persévérer, insister, faire de son mieux". C'est un verbe employé à tout bout de champ au Japon chaque fois que quelqu'un doit produire un effort quelconque (pour supporter des enfants qui jouent au baseball, pour encourager un lycéen avant son contrôle de chimie, etc.), sous-entendant chaque fois que seul l'acharnement permettra d'atteindre le but recherché. La forme gambarô signifie quant à elle une sorte d'encouragement collectif, du genre "tous ensemble, persévérons", par exemple si un entraîneur veut chauffer son équipe avant un match.
Dans le cas de l'après-tremblement de terre du 11 mars, gambarô est utilisé à toutes les sauces pour encourager les régions sinistrées à retrouver leur splendeur d'antan. On peut faire beaucoup de choses pour participer soi-même à cet effort collectif qui nous ait lancé, comme par exemple aller au rayon "Gambarô Ibaraki !" (がんばろう茨城 !) du supermarché et acheter des légumes du coin. Maintenant il y a aussi un rayon équivalent pour Fukushima, avec que des légumes qui viennent de là-bas et du poisson pêché dans le Pacifique aux larges des côtes de Fukushima.

Vu de l'étranger, ça peut paraître assez étonnant mais les gens achètent ces légumes, et beaucoup n'achètent d'ailleurs que ça pour participer eux aussi à l'effort national. Et comme le gouvernement encourage à le faire, puisque tout le monde sait qu'il n'y a pas de danger de contamination nucléaire, les gens ne veulent pas passer pour des anti-patriotes qui n'aident même pas les pauvres agriculteurs qui en ont bien besoin.
Des campagnes de communication gouvernementales fleurissent sur les panneaux d'affichage et dans les trains (comme sur la photo en haut), indiquant que pour aider les régions sinistrées, il ne faut pas écouter les rumeurs et continuer à acheter des légumes qui viennent de la région du Tohoku, d'y aller en week-end, de ne pas acheter plus d'une bouteille d'eau minérale par personne, de ne pas sombrer dans la morosité en allant plutôt au onsen (bains d'eau chaude), en allant boire avec des amis ou en faisant les soldes, et pour économiser l'électricité, de changer tous ses appareils contre des équipements plus "éco" et d'utiliser des éventails (toujours eux) plutôt que la clim'.

J'en reviens donc à cette question de clim'. Si on interdit l'air conditionné au bureau, c'est tout simplement pour montrer qu'on gambarô nous aussi. Si on débranche juste la photocopieuse, qu'on coupe des lumières ou les ascenseurs, même si on réduit autant la consommation que si on coupait la clim', on n'aura fait que la moitié du boulot. C'est-à-dire qu'on aura participé nous aussi à l'effort demandé, mais il manquera la seconde moitié, peut-être la plus importante : celle qui montre notre acharnement, nos efforts déployés, de préférence dans la douleur. Parce qu'avoir à monter des escaliers et à marcher dans des couloirs plus sombres que d'habitude, ce n'est pas vraiment très difficile. Alors que, par contre, devoir travailler dans des bureaux surchauffés où tout le monde sue à grosses gouttes, d'essayer d'avoir un peu d'air frais avec son éventail et se plaindre de la chaleur toute la journée, ça c'est vraiment l'esprit du gambarô. Il faut montrer qu'on souffre. Ca a un petit côté flagellation et pénitence chrétiennes.
Dans tous les cas, tout le monde dans le pays, chacun à sa manière, gambarô. Même les mascottes des trains qui sont sur le pied de guerre pour emmener les passagers dans les zones sinistrées.

vendredi 24 juin 2011

S'éventer pour survivre

L'université, comme tout le reste du pays (du moins la région du Kantô et du Tôhoku), se met à l'heure des économies d'énergie pour pallier les manques en électricité suite au tremblement de terre du 11 mars. On nous a distribué à tous des éventails en nous interdisant de mettre la clim' (avec contrôle à l'appui pour les petits malins qui voudraient frauder).

Etant donné les habitudes prises auparavant, ces restrictions ne sont pas forcément un mal : lumières allumées 24h/24, clim' à 20° C l'été pour être en pantalon et à l'inverse mettre le chauffage à 27° l'hiver pour venir travailler en short, sans oublier le fait de fermer les volets et d'allumer toutes les lumières en pleine journée pour ne pas bronzer (en plus, le néon c'est tellement plus agréable que la lumière du soleil).
Comme on pouvait s'y attendre de la part de l'administration de la fac, qui regorge d'imagination quand il faut créer de nouveaux règlements et qu'il faut trancher des décisions à l'aveugle, les économies d'énergie sont planifiées un peu n'importe comment. Les choix de ce qu'on peut utiliser ou non sont bien évidemment complètement arbitraires, et mis à part l'air conditionné qui est interdit, on cherche plutôt à réduire la consommation en limitant les usages sans avoir à remettre en cause les habitudes (la remise en cause, c'est la porte d'à côté). 

Concrètement, on a donc supprimé un néon sur trois, mais sans pour autant dire aux gens que c'est mal de laisser la lumière allumée le soir quand on s'en va. On a mis du scotch sur certains interrupteurs, mais sans évoquer l'idée qu'il n'est peut-être pas nécessaire d'allumer la lumière dans des pièces entièrement vitrées. De la même manière, les ascenseurs ne desservent plus les trois derniers étages (ça, c'est ma mesure préférée), et on a éteint une photocopieuse sur deux. Par contre personne n'a pensé à éteindre l'éclairage automatique du jardin intérieur qui se déclenche chaque fois qu'un oiseau passe dans le coin.
Au final, on pourrait réduire efficacement la consommation d'électricité, en l'utilisant uniquement quand c'est nécessaire et un peu plus intelligemment. Il y aurait largement de quoi alimenter l'air conditionné en supprimant quasiment tout le reste. Parce que là, avec la chaleur qui commence à arriver et des baies vitrées qui donnent plein sud (et qu'on ne peut bien sûr pas ouvrir pour la plupart), on n'est plus très productif dans le bureau : mon voisin de bureau n'arrête pas de gémir "j'ai chaud, j'ai chaud", moi je relis plusieurs fois la même page sans rien retenir car mon esprit est obnubilé par des vues enchanteresses de glace à la pistache et de parts de pastèques juteuses qui dansent devant mes yeux, et mon autre voisin, pris dans la torpeur ambiante, s'est endormi hier pendant qu'il scannait un livre.

Petit quizz : Pourquoi ne met-on pas la clim', alors que ce serait possible, par exemple en ne rafraîchissant que certains bureaux dans lesquels on aurait regroupé les gens ? Réponse demain dans les commentaires.